AUX ANIMAUX

L'écrivain est responsable devant les animaux qui meurent

Gilles Deleuze, L'Abécédaire (1988)



Violence et haine
Vanité humaine
Vaste domaine

Caresse
Sacré
Sagesse


Nécro section

Le bourreau porte une blouse blanche
Et au nom de sa vénérée science
C’est la sainte vie qu’il retranche
En toute bonne conscience

Aveugle au sacrilège
Ces existences qu’il abrège
Il exerce sa puissance
Insensible à la souffrance

Et d’extirper l’animal de la cage
Pour perpétrer son outrage
Sur ces innocents il expérimente
Odieux concepteur d’épouvante

Cependant il invoque le progrès
Pour légitimer son inutile forfait
Un raisonnement bancal
Prétendant au médical

Pourtant dispensateur de mort
Assassin il s’ignore
Torturant froidement
Dans son égarement flagrant

Méconnaissant le sacré
Détruisant l’être
Il se désire vertueux
Mais il les tue eux




Laideur cosmétique

Elle met du rouge sur ses lèvres
Et l’animal est terrassé de fièvre
Pendant qu’elle se maquille
Lui se recroqueville
Car derrière le masque cosmétique
Pour qu’elle paraisse belle
Se cache une épreuve inique
Ces expériences cruelles
Tests abominables qui mutilent
Pour de minables raisons mercantiles
Inutiles supplices infligés
À ces pauvres bêtes entravées
Êtres injustement stigmatisés
Victimes innocentes abusées
De l’homme despote terrorisant
Cet incarnat : leur sang d’agonisant




Vie volatile

(épitaphe pour un piaf)

Des moineaux se sont penchés sur son berceau
Des canardeaux l’ont accompagné le long du ruisseau
Des corbeaux l’ont suivi jusqu’au tombeau
C’était un drôle d’oiseau




Le cirque inique

Mais qu’est ce que c’est que ce cirque
Où sous le prétexte du divertissement
Un homme au fond tyrannique
Impose un numéro de dément

Quel est ce spectacle pathétique
Où officie ce terrifiant dompteur
Qui cache la terrible pique
Qui oblige ces souffre-douleur

Cet authentique sadique
Sous la lumière des projecteurs
Au lieu d’un prodige magique
Prodigue véritablement le malheur

Et il n’y a vraiment rien de comique
À voir des animaux faire les pitres
Par crainte de discrets coups de trique
Empêchant qu’ils récalcitrent

C’est au contraire dramatique
De voir ces innocents impuissants
Soumis à un dresseur maléfique
Pavanant devant eux menaçant

Serait ce donc le cirque diabolique
L’arène du fieffé dominateur
De l’homme violent et colérique
Vaniteux et dictateur





Extrémités

L’homme fier de s’exhiber pour manger
Se cache tout honteux pour déféquer
De manier baguette et fourchette
Il pense se différencier des autres bêtes

Et de sacrifier celles-ci sans le moindre procès
Pour le plaisir si éphémère de son palais
Des cadavres sanguinolents dans son assiette
Ne troublant sa pensée violente et satisfaite

Mais voilà pourtant que le transit intestinal
Le ravale à son juste rang d’animal
Et de ressembler alors drôlement à son chien
Dans l’humble posture de soulager ses intestins




Barbarie en blouse blanche

Dans le secret du froid laboratoire
Des opérations à la vie attentatoires
Se déroulent souvent et sans émouvoir
Le technicien à l’insensible savoir

À l’abris des regards
Dans son atelier glacial
Il perpètre sans le moindre égard
Ces crimes contre l’autre animal

À de simples objets les réduisant
Il expérimente égoïste et stoïque
Dramatiquement fier de son entendement
De la raison un vrai fanatique

Et ces actes infectes
En milieu désinfecté
N’affectent sa conscience
Tant il est aveuglé par sa violence

Impassible il suit son protocole
Obsédé par de prétendues connaissances
Sans voir leurs saintes auréoles
Lui manquant la juste clairvoyance

Jusqu’alors caché dans la cité
Lui qui commet de telles atrocités
Il est grand temps de lui faire cesser
Ses brutales et sacrilèges activités




Sourds aux suppliques

Dominants ils les encagent
Car ils apprécient leur chant
Ne percevant cependant l’outrage
De cet abusif enfermement

Ils prisent en effet leur ramage
Mais les privent de leurs oiselles
Ils aiment leurs beaux plumages
Mais sacrifient leurs jolies ailes

Comprendraient-ils leur langage
Entendraient-ils l’appel dans le chant
Feraient-ils cesser sans ambages
Cet injuste emprisonnement

Mais toujours sourds aux suppliques
Ne discernant ce que leur passion implique
Une détention et un malheur extrême
Ils continuent en vérité de s’aimer eux-mêmes




Proph - éthique

O homme

Cesse de t’apitoyer sur ton sort
De te croire victime de tous les maux
Pense donc aussi à l’immense tort
Que tu causes aux autres animaux

Ils sont bien tes égaux
Aussi cesse de leur donner la mort
Rabaisse ton immense ego
Devant Dieu vous êtes consorts

Vous êtes pareils de chair et d’os
Semblables et sensibles
De poussière et d’eau
Périssables et putrescibles

Ensembles sur le même radeau
Il est intolérable et incompréhensible
En vertu d’une raison ou d’un credo
De perpétuer tes crimes irrémissibles

Tu te comportes comme un cannibale
À manger ton vieux frère animal
Et si certains d’entre eux d’autres dévorent
Toi au moins tu peux choisir d’être herbivore

Dominer n’implique de supériorité
Mais suppose des devoirs et responsabilités
Clairvoyant tu ravaleras ton orgueil et ta vanité
Ta grandeur sera de protéger et de soigner

Tu t’excuseras auprès des porcs
Tous les bateaux de pêche rentreront au port
Les bouchers se reconvertiront en fleuristes
Les chasseurs en naturalistes

Dès lors tes repas seront frugaux
Mais être juste sera ton réconfort
Adieu steaks et gigots
Pacifique et sage tu seras bien plus fort




Lettre aux bouchers

Ne croyez pas que le végétarien végète !
Ou qu’il mange les pissenlits par la racine
Ce n’est pas un légume
Il ne reste pas là planté comme un poireau
Au contraire il a la patate
Et s’il n’a pas un radis
Il garde une poire pour la soif
D’avoir eu la cerise
On en prend de la graine
Aussi, il ne veut pas vous raconter de salade
Ni vous la faire à l’oseille
Ni vous carotter
Il vous fait juste part du fruit de sa réflexion
Il y a une pomme de discorde entre vous et lui
Il ne veut pas de votre viande à la noix
Ni chair ni poisson
Eh oui ! Il n’est pas mi-figue mi-raisin
Pour lui les autres animaux ne comptent pas pour des prunes
Et il pense qu’avec vous c’est la fin des haricots

Il ne vous demande pas d’aller vous faire cuire un œuf
Et espère que vous n’en ferez pas un fromage




Vivre et laisser vivre

Est ce parce que tu n’as pas d’ailes
Que tu es si cruel ?
Toi qui rêves d’être un ange
Pourquoi tuer ce que tu manges ?
Prendrais-tu en effet de la hauteur
Ferais-tu cesser ces horreurs
Toi aussi de là-haut tu es pareil à un cafard
À la merci de Dieu ou du hasard

Tu sais que tous les êtres fuient la violence et la mort
Qui es-tu pour ainsi l’infliger encore ?
Tu peux choisir l’universel amour

Dieu ne veut pas de bouc émissaire
C’est la vie qu’il faut qu’on vénère
Aussi il n’est point requis de sacrifice
Mais de faire œuvre salvatrice

Nous sommes tous les enfants du soleil
Les éléphants comme les abeilles
Les hommes comme les pince-oreilles

Devant la vie qui donc ne s’émerveille ?




Écailles dans les mailles (Selfish)

Pêcheur n’entends-tu pas les pleurs des poissons
N’entends-tu pas ces hurlements des profondeurs
Immense souffrance dont tu ne perçois le son
Et ainsi tu les crois insensibles à la douleur

Les flots sont pourtant pleins de soupirs et de sanglots
Leurs chaudes larmes sont diluées dans l’eau
Et tu ne vois pas leur chagrin noyé dans les vagues
Aveugle à leur grand tourment tu divagues

Toi tu te penses tranquille
Aux aguets calme et silencieux
En vérité tes actes sont vils
Ôter ainsi la vie est odieux

Oui quand tu lances ta ligne
Tu te montres vraiment indigne
Car à l’autre bout quand ça mord
Cela annonce d’abord et surtout la mort

Voilà ton futile et funeste plaisir
De leurs simples existences se saisir
Tendre un triste piège et attendre
Qu’un naïf ou inattentif se fasse prendre

Et puis tu les vois qui se tortillent et agonisent
Une vétille car en vérité tu les méprises
À tes yeux leurs soubresauts symbolisent ta grande adresse
Aussi pas un instant n’as-tu ressenti leur terrible détresse

L’ironie dramatique c’est que tu te dis comme un poisson dans l’eau
Quand tu parles de ton égoïste bonheur




Errare Humanum Est

Ils brandissent leurs croix
Pensant faire fuir Satan
Comme ils brandissaient leurs épées
Qui ont fait couler tant de sang
Paradoxalement en Dieu ils croient
Sans pour autant exiger l’universelle paix
Et tandis qu’ils implorent le Seigneur
Ils se comportent en saigneurs
Se jugeant arrogamment à Son image
Se réclamant vaniteusement de Son fils
Ils perpétuent néanmoins les sacrifices
S’estimant supérieurs et sages
Ils parlent de foi et de piété
Mais réservent aux seuls hommes leur pitié
Ignorant les autres animaux qui souffrent
Dont la sensibilité est reléguée dans un grand gouffre
Ces égocentriques orgueilleux égorgent
Alors que la nature de bienfaits regorge
Et ce sont les agneaux si doux qui pâtissent
De ceux qui se disent brebis mais ne compatissent
Eux qui fièrement professent l’amour
Mais confessent que certains autres finissent au four
Et au lieu d’abolir toutes violences et actes cruels
Ils stigmatisent l’innocence et la simplicité naturelle




Coups de filets

Comme on balaye des feuilles mortes
Ils ratissent les fonds
Et tous les poissons emportent
Leur avidité atteignant le tréfonds

Leur gigantesque chalut pélagique
Rafle tout dans les abîmes
En un piège absolu et tragique
Comme des milliers d’hameçons qui déciment

Leur appât du gain est en effet effroyable
Et l’idéologie non moins abominable
Qui néglige les êtres à nageoires
Considérant leurs vies comme dérisoires

Embarquant des bancs entiers
Sans distinction ni aucune pitié
Ils les font prisonniers des mailles
Du funeste filet où se briseront leurs écailles

Du dauphin ou du requin à la sardine
Pêle-mêle tous ils les assassinent
Et les jettent à la pelle dans des bacs
Pour qu’ils finissent surgelés dans des sacs

Ce bateau tueur est l’éphémère tombeau
L’usine infernale du génocide
De ce peuple des mers que l’on trucide
Faisant de leurs corps de tristes lambeaux

Que ne s’émerveillent-ils pas de ce qu’ils nagent
Au lieu de commettre ces carnages




On ne rit pas à la corrida

Point d’art dans l’arène
Mais le règne de la haine
Et de la vanité humaine

Non il n’y a pas de beauté
À ce spectacle de la cruauté
Et à voir la vie futilement ôtée

Et le torero a tort
De donner la mort
Et de se croire un héros

Son illusion de maestria
N’est rien qu’un lâche assassinat
Issue d’un simulacre de combat

C’est la barbarie en scène
Ces coups déloyaux qu’il assène
Le crime d’une volonté malsaine

Et cette futile et funeste férocité
Qui ne manifeste que morbidité
Est une terrible expression de perversité

Ainsi il flatte bassement l’orgueil
De ces hommes égarés dont il trompe l’œil
Tandis que ces animaux il endeuille

Il parade alors se pavanant
Dans son costume éclatant et clinquant
Qui tente de masquer ses actes obscurs et affligeants

Triste truisme
Que de dénoncer cette tuerie rituelle et ce vil voyeurisme
Comme un atroce anthropocentrisme

Terrible tradition digne de Cro-Magnon




Démon gène éthique

L’homme qui hiérarchise
Agençant à son avantage les valeurs
Se jugeant sans partage supérieur
Lui-même se divinise

L’homme qui aujourd’hui a sur le vivant la mainmise
S’octroyant largement tous les droits
Se croyant le plus intelligent et le plus adroit
Prenez garde à ce que maintenant il s’autorise

L’homme sans gêne
Possible dispensateur d’horreur
Manipule désormais les gènes
Sans scrupule ni honneur

Et des chercheurs créent des animaux obèses
De pauvres bêtes pouvant à peine se déplacer
Mais dont eux tireront profit de ce qu’elles pèsent
Et trouveront vos protestations et votre peine déplacés

Ils vous feront même une rigoureuse démonstration
Clamant que ces monstres ne sont pas une abomination
Que la science est grandiose
Que le progrès de toute façon l’impose

Pourtant ce sont de basses vues avides
Qui engendrent ces cochons non-voyants
Ces poulets sans plume et autres projets délirants
De la folie mercantile de l’homme cupide

Les autres animaux au fond ils les méprisent
Les considérant comme objets ou marchandises
Et ce qu’ils leurs font avec force maîtrise
À eux-mêmes bien sûr ils se l’interdisent

L’eugénisme n’est en effet pas encore de mise
Par peur peut-être d’une spirale infernale
Ou pour des raisons religieuses ou doctrinales
Par crainte de faire une grosse bêtise

Car des erreurs ont déjà été commises
Vaches folles et autres moutons aphteux
Ont révélé au grand jour leurs actes affreux
Montrant que d’aller contre-nature engendre des crises

L’homme qui profondément s’aime lui-même
Le narcissisme sans limite de son espèce
Faisant que les autres il tue manie ou dépèce
Ferait bien de se méfier de ce qu’il répand et sème




Du commersang de mortande

Quand je passe devant une boucherie
Je vois rouge
Et ma bouche est triste
Devant cette boutique macabre
Regorgeant de corps égorgés et de cadavres
Aboutissement de l’impitoyable tuerie

J'ai alors un regard noir face à ce commerçant
Et son tablier blanc tout recouvert de sang
Qui au milieu de ces carcasses
Proclame que rien ne le tracasse
La jovialité affichée sur son visage
Tentant de faire oublier l’usine d’équarrissage

Et les cris des lointains et terribles abattoirs
Ces endroits concentrationnaires et sacrificatoires
Ne parviennent nullement aux oreilles de ces citadins
Qui pensent que d’acheter de la viande est anodin
Et le boucher donc d’aiguiser la lame
Qui déguise l’éloigné et invisible drame

Sa trompeuse bonne humeur de carnaval
Dissimulant le fait qu’il dépèce un animal
Il s’applique à faire de soi-disant belles tranches
À occulter ces flancs ces jambes et autres hanches
Habillant feu les bêtes pour pouvoir les présenter sur l’étal
Et d’éviter que le client ne s’horrifie et ne détale

Et celui-ci d’oublier la barbarie intrinsèque à la barbaque
La viande étant paradoxalement désincarnée
Et l’autre de vendre ce qui fut autrefois plein de vie et animé
Voilà donc son œuvre à ce costaud et son long couteau
Qui pourtant tout rougeaud et pas maigrichon
Ressemble lui-même étrangement à un cochon




Le pacte pulvérisé

Je t’ai donné de mon lait
Pour que tu m’aides
Et me protèges des fauves

Je t’ai donné quelques œufs
Pour que tu me défendes
Et me protèges du renard

Je t’ai donné de ma laine
Pour que tu me soutiennes
Et me protèges du loup

Je t’ai donné un peu de mon miel
Pour que tu me secours
Et me protèges de l’ours

Mais aujourd’hui qu’as-tu fait du Don
Que signifie cette impitoyable exploitation
Reniement ingrat terrible abandon




Mal dans leur peau

L’homme peau de vache
Veut les animaux à ses pieds
Et leur marche littéralement dessus
En les écrasant de ses chaussures de vil

Il les tanne et il les tue
Voyez comme il est vêtu
De leur douce peau
Ce dur à cuir

Pour beaucoup cela ne traverse pas leur esprit
Qu’on a pris la vie
Pour tel article de maroquinerie
Ou tel autre d’une peausserie

D’aucun serait pourtant rapidement persuadé
De l’horreur d’une veste en suédé
En voyant un beau daim dépouillé
Et sa fourrure rouge de sang souillée

Hélas certain faiseur de chagrin
Coriace au cœur endurci
Et au portefeuille en alligator
Verserait lui des larmes de crocodiles

Alors empêchons-le de réaliser ses habits de dermes corroyés
Provenant d’animaux exploités ou guerroyés
Mettons un terme à la production de ce matériau archaïque
Et tant pis pour lui le cordonnier et toute la clique
Ils trouveront un métier pacifique




Pour les morts de beauté

Qu’il est couillon
Ce tueur de papillons
Ce chasseur de pureté
Qui méconnaît sa dureté
Qui aime leur beauté
Mais sème la cruauté
Qui adore leurs couleurs
Mais ignore leurs douleurs

Comme ses actes sont atrocement laids
Quand il les traque de son funeste filet
Leur capture paressant pourtant ludique
En raison de leur nature fantastique
Mais qu’ils vivent et virevoltent ne lui importe
Morts et intacts il faut qu’il les rapporte
Pour son affligeant tableau de chasse
Où il épingle leurs corps chatoyants
Dans ce tombeau éclatant mais dégueulasse
Un spectacle réellement triste et apitoyant

Sa collection de cadavres
Véritablement vous navre
Et tandis qu’il vous parle de rares spécimens
Vous n’entendez qu’une espèce de haine
Un homme infecte avec les insectes




L’ambition dans la peau

Elle que sa pilosité horripile
Elle qui ne conçoit que l’on ne s’épile
Qui ne supporte sa propre nature
Qui maquille ses rides et sa flétrissure
La voilà dans ce long manteau de fourrure
Se pavanant avec force désinvolture

On lui a dit que c’était cela l’élégance
Que c’était là un symbole de puissance
Que de s’envelopper de poils de bêtes
Donne du poids à ce que vous êtes
Oui elle si piteuse en coulisse
Serait valorisée par une telle pelisse
Et de parader alors en publique
Drapé de ce doux pelage horrifique

Que son rêve d’être une reine de beauté
Génère violence et cruauté
Que ses habits impliquent la mort
Importe redoutablement peu à ses yeux
Elle veut au final faire des envieux
Et s’en fiche formidablement d’avoir tort
Elle veut vivre sous les dorures
Et se moque que d’autres l’on torture
Elle est prête à la moindre bassesse
Pour ressembler à une princesse
Et afin de se donner un air d’assurance
Elle les fait sacrifier aux apparences
Aspirant ainsi à tous les honneurs
Au mépris de toutes ces horreurs

Un monstre d’égoïsme et d’orgueil
Vous ne lui verrez donc pas de larme à l’œil
À l’évocation de la souffrance animale
Et cette terrible indifférence leur est fatale
Sa morgue ayant de funestes conséquences
Ils sont les victimes de sa grandiloquence
De cette mode qui influence sa médiocrité
Ces stéréotypes dont se nourrit son avidité

Aveugle au tourment de ces êtres sensibles
La pitié pour eux lui est incompréhensible
Elle porte de grandes lunettes noires
Cachant mal son âme hideuse
Car tout au fond elle est honteuse
D’où ce dur dédain ostentatoire

01/05/2004


Zoo

Quel spectacle tragique
Que cette prison zoologique
Ce petit jardin pénitencier
Rempli d’innocents prisonniers
Dont le seul crime serait d’exister
Et d’exciter l’humaine curiosité

Les visites sont donc autorisées
Sinon ils mourraient de solitude et d’ennui
Et les enfants surtout de venir les admirer
Dans ce qu’on nomme aussi ménagerie

Mais des animaux derrière des barreaux
Devant toujours se tenir à carreaux
Des bêtes au fond de fosses
Ne peuvent mener qu’une vie fausse

Et personne ne leur a dit aux enfants
Que si celui-ci tourne en rond
C’est qu’il frise la folie
Que si cet autre rigolo hoche la tête
C’est que la démence le guette
Que si celui-là reste prostré
C’est qu’il rêve de son indépendance passée
Que cet autre qui se gratte jusqu’au sang
Est un grand allergique à l’enfermement
Que celui-là qui a l’air si gris et si terne
A perdu ses couleurs depuis qu’on l’interne

Finalement ils visitent un asile animalier
D’êtres sensibles par certains humains aliénés
La plupart profondément dépressifs et stressés
Ne pensant tous qu’à recouvrer leur liberté

Et les geôliers eux se targuent que leurs captifs ont procréé
Une exception qu’ils se hâtent de médiatiser
Comme pour prouver que leurs détenus ne sont pas malheureux
Tentant de justifier l’existence de ces lieux ignominieux
En outre, ils arguent qu’ils sauvent et préservent des espèces
Alors même qu’ils pillent la nature sans qu’il n’y paraisse
Comme si une rare naissance pouvait perpétuer le règne
D’animaux autonomes qui ne tolèrent qu’on les contraigne
Ils disent aussi remplir une mission pédagogique
N’en percevant eux-mêmes la dimension idéologique
Que les animaux seraient à notre entière disposition
En vertu de notre totale domination

Un fait terrible dans ces circonstances affligeantes
C’est que ces gardiens sont nécessaires
Autrement le public leur ferait les pires misères
Profitant lâchement de leurs situations impuissantes

Ah au lieu de faire un spectacle artificiel de leur différence
Nous devrions au contraire leur témoigner de la déférence




La vache qui pleure

Détaches toi de ton ours en peluche
Les animaux ne sont pas ces nunuches
Caricaturés dans ces cartoons colorés
Très rigolos mais désincarnés
Non eux ils sont autonomes et bien animés
Au contraire de ces dessins qui défilent
Véhiculant habilement leur idéologie
De façon ludique et subtile

Et s’ils en font des personnages comiques
C’est aussi pour mieux occulter leur destin dramatique
Et l’usage abject que l’on fait de leur être
Ils terminent dans les intestins ou par l’urètre

Petit pourtant tu leur as porté naturellement de l’affection
Mais ensuite tu as appris à les déconsidérer
Ils sont les victimes de ton éducation
Et dans ton estime ils se sont effondrés
Ils les destinent à ta manducation
Une fin inutile qu’ils légitiment par leur domination

Les bêtes depuis longtemps n‘ont plus envie de rire
Ces hommes leur font connaître le pire
Ils les avalent ou les violent
Et les ravalent aussi à des symboles
Car non content de les tuer et d’en tirer profit
Les marchandant comme des êtres sans vie
Les réduisant à des choses à disposition
De simples objets dont on aurait une envie
Ils parachèvent par leurs représentations leur spoliation
Et les animaux déjà abondamment abusés
D’avoir leur image amplement exploitée
Leur immatérialité étant ainsi accentuée dans les esprits
Où ils apparaissent complètement dénaturés
D’aucun en oublierait qu’ils sont quotidiennement torturés

Et ces perfides bélîtres
De les faire passer pour des pitres
D’afficher leur douceur et gentillesse
Pour profiter du cœur et de la prétendue faiblesse
De ceux qui leur témoignent de la tendresse
Dénigrée comme sensiblerie
Ou de montrer leurs crocs et musculature
Escomptant vendre telle marque de voiture
Ou comme ces escrocs ces manteaux de fourrure
Et de parler de faire rugir le moteur
Et de spéculer sur la griffe
Pour pouvoir appliquer un fort tarif
Les animaux n’étant plus que des faire-valoir
Qui sitôt usés ou inutiles seront envoyés à l’abattoir
Comme si leur vie n’avait pas de valeur

Certains survivent dans le vocabulaire
Comme ces chevaux devenus vapeurs
Ces puces électroniques de la nouvelle ère
Mais plus que la souris de l’ordinateur
C’est leur liberté et leur destin qui est entre nos mains
Et à moins d’agir vite leur fin est pour demain
Mais eux fascinés par leurs formes parfaites
Méprisent leur vie c’est un terrible fait
Et ils immortalisent leur beauté dans telle statuette
Figeant leur existence en une figure muette
Mais un jour ils regretteront les carnages et de les avoir exterminés
Même si leur souvenir perdurera dans ces reportages animaliers
Et ils diront :

Ah au lieu de consacrer leur différence
On les a massacrés dans l’indifférence




Terribles contradictions

Chien chat cheval
Voilà les trois favoris que tu chéris
Qui représentent pour toi le monde animal
Les autres bêtes n’étant bonnes que pour la boucherie

Mais pourquoi donc cet amour exclusif
N’est-ce pas considérablement abusif
D’un coté ceux que tu câlines ou cajoles
De l’autre ceux que tu encages ou immoles

Une telle discrimination est un crime
Qui permet que par milliard on les décime
Mais où diable est donc la différence
Entre celui que tu adores
Et celui dont tu ignores la souffrance
Au nom de quoi certains devront mourir
Et d’autres vivrent sans trop avoir à subir

Certes le chien t’obéi te flatte
Et tu t’enorgueillis d’avoir un chat
Un félin dans ta maison
Qui lui aussi habilement te flagorne
Ainsi donc ils t’ont amadoué
Et tu es fier de dominer le cheval
Ta vanité les aurait ainsi considérés
D’être caressé dans le sens du poil
Et puis tu peux leur témoigner de la tendresse
Ils te réconfortent dans tes accès de faiblesse

Mais tu ne les aimes pas toujours pour eux-mêmes
Il y a souvent une question d'intérêt
Tu les utilises pour exprimer tes affects
Autrement avec eux aussi tu serais infect
Et ils subiraient tes incroyables contradictions
Comme celles de monter l’étalon le matin
Et de manger du cheval le soir
D’admirer son poisson rouge dans le bocal
Et d’aller pêcher ensuite à l’étang local
De partir avec son chien se balader
Tout en portant une fourrure de canidé
De donner généreusement du pain aux cannes et à leurs canetons
De cette même mie où l’on trouvait plus tôt du pâté de canard




Sage végétarien

Ils dominent et déraisonnent
Assassinent puis assaisonnent

On peut vivre sans faire couler le sang
On n’a pas à les faire mourir
Pour sainement se nourrir
Alors épargnons ces innocents
Et finissons en avec les tortures
Occasionnées par notre nourriture
Refusons ces aliments de la cruauté
Choisissons les fruits, légumes et crudités

Arrêtons de les faire cuire et d’en faire du cuir
Leur destin n’est pas de finir dans nos intestins
Mais de vivre libre comme les humains
Il n’y a plus lieu de faire la guerre à l’animal
Comme il était vital de le faire naguère
Désormais on se doit de les protéger

Exister sans tuer
C’est ce à quoi il faut s’évertuer
Les animaux sont nos frères
Et ils ont déjà par trop souffert
Pour eux devenez végétarien
Voilà qui sera sage et bien




L’homme nuisible

J’ai honte de l’espèce humaine
Quand au sein de la paisible forêt
Un bruit terrible retentit
Le diabolique boucan des carabines
Signal avant-coureur d’hémoglobine
Vient d’abasourdir les esprits
Et les animaux de fuir les fusils

Ils détalent devant l’homme violent et brutal
De la Mère Nature le vandale
Qui va chassant
Cherchant du sang

Il ne s’agit pas d’exercer sa seule adresse
Sinon il irait au stand de tir de la kermesse
Non il faut qu’il inspire la peur
Que le cœur palpite
Et eux de sentir l’horreur
Et de décamper avant qu’il ne les décapite

Surtout il lui faut ressentir qu’il est le plus rusé
Et de pouvoir ainsi flatter son ego désabusé
Car c’est encore une histoire de vanité
Que son activité emplie d’inanité
La cynégétique étant anachronique
Sa nécessité devenue archaïque
Aussi lorsqu’il vise ces pauvres bêtes
On peut certifier que sa bêtise est parfaite

Oui il n’a pas inventé la poudre
Mais il s’entête à l’utiliser avec violence
Dispenser comme de la foudre
Lui donne une impression de puissance
Lui qui se contente de bouger un petit doigt
Avec force fierté comme il se doit

Un lâche qui appuie sur une gâchette
Voilà peut-être comment définir ce quidam
Ôtez-lui le fusil et vous verrez la lopette
Sans arme c’est comme s’il n’avait plus d’âme

En fait il considère les animaux comme des jouets
Et jouit de les voir obéir à son fouet
Et de les faire périr pour son délétère divertissement
Se délectant de leur mort tout simplement

Complètement insensible à leur sort
Ce ne sont que des cibles vivantes
Il vous ressasse que c’est un sport
Ces sanglantes parties de chasse dont il se vante

Et de rêver à des régions giboyeuses
Perspectives à ses yeux de tueries joyeuses
Le nombres de bêtes qui seront abattues
Symbolisant la réussite de l’ignoble battue

Remarquez qu’ils ont le même droit que nous de vivre libre
Il rétorquera que vous avez lu ça dans les livres
Et de vous renvoyer à votre littérature
S’arrogeant arrogant la propriété de la nature

Pourtant on n’a pas à les mettre en danger
Ni besoin de les manger
Prendre soin et protéger
Voilà l’héroïsme à propager

Or le chasseur ignorant
Cette espèce de dévouement
N’est pas de cet avis
En proie à ses pulsions meurtrières
La folie nichée sous les paupières
Il préfère détruire la vie




Pardon au parasite

Pardon au parasite
Qui a du périr
Car il persista à m’assaillir
Insistant lourdement
Ne cessant de me harceler
Me poursuivant pour me piquer
Tel un fanatique
Obsédé par mon sang
Il m’obligea à le faire mourir
Ne pouvant éviter son avidité
Ni fuir devant son désir
Ah si j’avais pu le dissuader
Ou le faire se détourner
Il se serait simplement en allé
Mais il fallut qu’il s’entête
Me tournant inlassablement autour
Ne pensant qu’à planter son aiguillon
Puisse-t-il n’avoir pas souffert
De sa mort instantanée




Du veto carne-acier

Voyez le vétérinaire carnivore
Il les soigne puis les dévore
Oui c’est incroyable mais il les mange
Sans que cela ne le dérange
De les guérir puis de les faire périr
Un jour il les traite et les soulage
Le lendemain ils partent à l’abattage
Ce traître et complice de l‘éleveur
Les envoie au supplice et vers l’horreur
Et cela en toute bonne et terrible conscience
Tellement il est insensible à leur souffrance
Aveuglé par le maniement de la chair
Obnubilé par sa chère science
Il vénère froidement l’intelligence
Et les considère tout comme du minerai de fer

Remarquez qu’il est au comble de la contradiction
Il rétorquera que les bêtes se mangent bien entre elles
Que nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire
Sans percevoir dans sa pensée de haine élémentaire
Ainsi lui qui se différencie habituellement des animaux
Répétant à l’envie qu’on est quand même pas des bêtes
Se compare-t-il opportunément à leur être
Lorsqu’il s’agit de manger leurs muscles et leurs boyaux
Pourtant une de nos particularités est de pouvoir choisir
De ne pas les tuer pour nous nourrir
Et c’est donc délibérément qu’il digère
Ceux qui auraient pu être ses sœurs ou ses frères

Quelle dichotomie dans son cœur
De poils ou de plumes ils sont nos cousins
Dignes de notre compassion et de nos pleurs
Méritant un médecin mais pas un assassin




Champ de vision

Quel paysage d’harmonie !
Ils paissent en paix
Sages dans la prairie
Inspirant le respect

Ils prélèvent ainsi leur pâture
En symbiose avec la nature
Sans aucune violence
Dans le calme et un doux silence

Ils ont l’air tellement tranquille
Dégageant une étrange sérénité
Loin de la sinistre ville
Et des hommes surexcités

Ils sont pleins de grâce
Des oiseaux leur volant sur le dos
À brouter l’herbe la plus grasse
Tout en évitant les escargots

Pourtant malgré cette vision de plénitude
En vérité ils sont très tristes
C’est une amère certitude
Ceints de l’enclos spéciste

Car ce pré n’est pas un purgatoire
Mais l’antichambre de l’abattoir
Cela aurait pu être le paradis
Mais certains humains ne l’ont pas compris




Soulevez les paupières

Regardez les bien dans les yeux
Vous y verrez la lumière de Dieu

Il y est manifeste qu’ils ont une âme
Mais certains humains l’ignorent voilà le drame

Aveuglés par l’or et la vanité
Soucieux de la seule humanité

Ils leur refusent la liberté
Et le droit divin d’exister

Ils ne sont vraiment pas clairvoyants
À mépriser les bêtes à l’œil flamboyant

Elles aussi ont reçu le don de la vue
Et voient bien ces abominables bévues

Mais leur regard beau et bouleversant
N’empêchent ces hommes de verser leur sang

Et ceux-ci de ne percevoir de déshonneur
À engendrer toutes ces visions d’horreur

Par malheur obsédés par leur être et leur propre image
Ils n’envisagent même pas de tenter d’être sage




Les suppliciés

Il y a des figures de coqs en haut de leurs églises
Serait-ce donc cet oiseau qu’ils divinisent ?
Non à visiter leurs fermes on saisit la méprise
Là ils les enferment et martyrisent

Et on ne peut pas dire qu’ils font dans le détail
Pour s’occuper de ce qu’ils nomment bétail
Le paysan étant devenu un effroyable gestionnaire
Pratiquant l’ignoble élevage concentrationnaire

Il applique la désuète théorie des animaux-machines
Ignorant les âmes des bêtes qu’il élève puis assassine
Celles-ci n’étant considérées que comme des productrices de chair
Payant donc cette détestable idéologie horriblement chères

Feriez-vous un tour dans ces sombres hangars
Et vous les verriez sur du béton derrière des barres
Entravés et dans l’incapacité de se mouvoir
Brisés stressés au comble du désespoir

En ce lieu carcéral il n’y a pas de lumière
Excepté la lampe du gardien et tortionnaire
Qui vient contrôler l’atmosphère pénitentiaire
Où l’ombre terrifiante plane du lointain actionnaire

Il vérifie que tous les détenus engraissent
Ils doivent vite prendre du poids car le temps presse
Peu lui importe qu’on allaite entre des barreaux
Ou que d’autres oppressés restent sur le carreau

Ils sont en effet si compressés que certains défaillent
L’environnement étant putride et suffocant
Il n’y a pas le moindre brin d’air ou de paille
Pour respirer et reposer sur son flanc

Tout est mené d’une main de fer
Pour pouvoir rapporter de l’argent
Ils se moquent de ce qu’ils souffrent ou ont souffert
Ils sont durs et leurs actes affligeants

C’est ainsi qu’ils les méprisent et brutalisent
Leur imposant leur inconsciente barbarie
Infligeant leur rage et leur abominable bêtise
Les faisant survivre avant abattage en batterie




L’arbre à carne

Au carnaval des carnivores
Les barbares qui s’ignorent
Autour du barbecue se réunissent
Ils y engloutissent et dévorent
Mille morceaux de barbaque
Et des tonnes de saucisses
C’est véritablement orgiaque
Toute cette viande en surabondance
Et ainsi ils font bombance
Partageant ces myriades de grillades
Dans une grosse rigolade

Mais si pour les hommes c’est gargantuesque
Pour les animaux c’est tout à fait dantesque
Car pour ceux qui finissent carbonisés
Après avoir été d’abord stigmatisés
C’est carrément moche
Ce banquet de la bidoche
Et c’est vrai que c’est atrocement laid
De se faire tuer pour satisfaire le goût d’un palais

Mais eux ça n’a même pas effleuré leurs pensées
Ils ne se sont pas un instant souciés de leur sort
Ils ignorent ou ont oublié la violence et la mort
À l’origine de la chair qu’ils ont consommée
Car ce sont d’autres qui se chargent d’assassiner
Et ils pourraient ainsi croire que la carne pousse sur les arbres
Tellement ils n’ont pas conscience de manger de cadavres

Quel terrible et funeste destin
Que de mourir pour leurs festins




Aux piafs et complices

Merci aux oiseaux libres
De rester en ville
En milieu hostile
Grâce à eux l’air vibre
De chants harmonieux
Les aurores sont sonores
Et les crépuscules mélodieux

Il y a comme une joyeuse fête
Par-dessus les toits et nos têtes
Et ils animent bien les cieux
De leurs vols légers et gracieux

Les rares arbres bruissent
Où leurs nids sont abrités
Et les feuillages frémissent
De leur frénétique activité

On les voit aussi trotter sur les gouttières
Et danser adroitement sur les fils
Et là où travaille la grainetière
Bien sûr leur ombre se profile

À la bonne saison
On entend des roucoulements
C’est qu’on fait la cour ardemment
Sur les branches et dans les buissons

Tellement ils piaillent et ils piaulent
Que l’homme qui baille dans sa piaule
Qui voudrait se croire seul au monde
Est forcé de les écouter quelques secondes

Et comme ils s’égosillent
Son égoïsme vacille
En prend un coup dans l’aile




Terreur en terrarium

Cet homme fier et despotique
Acquiert une bête exotique
Il pense par-là qu’il sera plus épanoui
Avec un nouvel animal de compagnie

L’esclavagiste animalier
Le lui a garanti à l’animalerie
Un iguane ça va épater la galerie
Et méduser le voisin de palier

Des besoins d’un saurien
Ce qui lui est idoine, d’où il vient
Vraiment il n’en sait rien
Mais le défit lui convient

Et peu lui importe qu’on pille la nature
Pour satisfaire sa soif de démesure
Il reconstituera le milieu naturel
Dans sa prison au décor artificiel

Ainsi maître et possesseur
Tel un petit dictateur
Il fera survivre entre quatre murs
Cette rare et magnifique créature

Certes il ira parfois le balader
Le but étant de fièrement l’exhiber
Mais imaginez un peu la détresse
Ce reptile au bout d’une laisse

Finalement il se trouvera fort incommodé
Lorsque la mode sera retombé
Il éprouvera alors comme du dégoût
Et on retrouvera son compagnon dans les égouts




La route que l’on redoute

Ô comme il en coûte
Au hérisson ou au moucheron
De traverser la route
Là l’homme sévit éprit de vitesse
Et les écrabouillent ou les blessent
Sans même sentir de collision

Il écrase tout sur son passage
Et eux victimes de ses renversantes voitures
Leurs ailes se brisent sur les pare-brise
Leurs corps se disloquent sur les pare-chocs
Ils se font broyer par les roues de ces bolides
On retrouve des boyaux dans les caniveaux
C’est heureux s’ils en réchappent invalides

Et de hérisser ses piquants n’y fait rien
Face aux mastodontes ils sont lilliputiens
L’escargot lui a beau rentrer dans sa coquille
L’automobile circule et le bousille

Et personne ne pleure leur mort brutale
On n’en parle même pas comme d’un accident
C’est considéré comme inévitable et normal
Ils restent donc impassibles et de glace
Et râlent simplement de devoir acheter du lave-glace

L’homme passe et ils trépassent




Vivre libre entre sol et soleil

« Les animaux ne demandent pas qu'on les aime, ils exigent
qu'on leur fiche la paix. » (Théodore Monod)

Certains humains sont vils
Les autres animaux en péril
Qu’ils restent donc en ville
Et laissent la nature tranquille

Comme nous ils ont la liberté de se mouvoir
Et cette similarité devrait nous émouvoir
Eux aussi sont l’œuvre de Dieu
Et c’est un sacrilège de dévaster leur milieu
Ils ont droit à un vaste territoire
Et le leur préserver serait méritoire

Qu’on arrête alors d’abattre les forêts
Les poumons verts de la terre
Et l’habitat de nombre de nos frères

Qu’on abandonne ces pâturages
Où coule le long fleuve de sang
Qui vient du lieu de notre rage
Là où l’on équarrit ces innocents

Qu’on cesse d’envahir leur espace
De s’approprier égoïstement toute la place
Assez de ces cages et saccages
De cette pollution et de ces pillages

Hélas certains sont en voie d’extinction
Beaucoup ont déjà connu leur dernière heure
La plupart malheureusement ils se meurent
Alors limitons notre envahissante expansion

Cantonnons-nous peut-être dans nos zones urbaines
Où l’on pourrait circonscrire violence et haine
Construisons des gratte-ciel ou de grandes galeries
Mais de grâce n’allons plus empiéter sur leur lieu de vie

Il est grand temps que l’on partage
Cette terre où il s’agit dorénavant d’être vraiment sage
Et ceux qui commencent à s’intéresser aux écosystèmes
Parce que maintenant ils se sentent eux aussi menacés
Ils devraient méditer que ce danger ne serait peut-être pas arrivé
Si l’homme n’avait pas pensé qu’à lui-même

On ne choisit pas sa famille
Comme on ne choisit pas son sexe, sa race ou son espèce
En bref on ne choisit pas son origine
Et on ne choisit pas non plus son destin
Mais le destin des animaux est entre nos mains
Ici et maintenant non pas demain




Gloire au goret

Ô ! cochon
Quelle misère...
Comme ils te méprisent
Toi leur ultime bouc émissaire
Ils te font vivre un véritable enfer

Ils te font endurer le pire
Jusqu’à ce que tu expires
En te faisant grandir entre quatre fers
Dans leur élevage concentrationnaire
Lieu de ton engraissage cruel
Et de ta torture perpétuelle

Et ce cauchemar qu’ils te font incarner
Cette barbarie effroyable et extrême
Cela ressemble fort à la solution finale
Appliquée au monde animal

Ils t’abhorrent par tous les pores
Tu représentes ce qu’ils exècrent
Comme la morve ou les excréments
Et ainsi ils te nomment porc
Te faisant symboliser la bassesse
De te ridiculiser ils n’ont de cesse

N’espère pas qu’ils s’apitoient
Tu n’es que jambon
Pour ces gens mauvais
Et tout est bon en toi
Quand il s’agit de te manger
Pour ta chair ils pourront même te louanger

Ils s’imaginent être des anges
Et se moquent de toi dans la fange
Eux si fiers de se tenir debout
Ils découvrent en thérapie
Les vertus des bains de boue
Leur folie au fond bien tapie




À mi - chemin

Ces éleveurs sont aveugles
Obnubilés par leur brutalité
Devant leurs bêtes qui beuglent
Ils ne discernent leur divinité

Ils leur témoignent beaucoup d’affection
En vertu de leur grande proximité
Ils ont même presque des affinités
Mais sont responsables de leurs afflictions

Leur cœur a d’étranges ramifications
Ils les caressent de façon transitoire
N’ont plus du tout de considération
Le jour de les envoyer à l’abattoir

Ils frisent en effet la schizophrénie
À leurs donner de doux petits noms
À vivre en quasi-harmonie
Puis soudain de personnifier le démon

Ils peuvent même pleurer lors de la séparation
Mais cette tristesse qu’ils éprouvent
Subitement ils la réprouvent
De peur d’y trouver de troublante signification

Ils réfrènent donc leurs émotions
Car s’ils écoutaient scrupuleusement leur conscience
Ils pourraient ressentir une entière compassion
Et refuser de sacrifier leur existence




Ces enjoués qui vous mettent en joue

Ne vous fiez pas à leur bonne mine
À leur apparence de bonne santé
Derrière leur bonhomie ils exterminent
Leur jovialité masque la vérité

Leurs larges sourires occultent le pire
Mais trahissent leurs dents longues
Derrière il y a leurs sbires
Qui pourraient vous arracher les ongles

Les bourreaux portent des cravates
Des cols blancs aux mains rouges de sang
Ils ont beau avoir l’air propre et innocent
Leurs costumes dissimulent des psychopathes

Attention ils tuent au nom de leur vertu
Et ne supportent la différence
Ils vous traiteront comme des détritus
Si vous ne leur témoignez de la déférence

Ils massacrent les êtres à quatre pattes
Comme ceux à plumes ou à nageoires
Humains ou animaux ils les exploitent
Ne leur laissant que peu d’espoir

Pourtant ces tueries ne sont pas une fatalité
Mais l’effroyable conséquence de leur fatuité
Il s’agit de ne pas se rendre complice
Des ces violences et de ces supplices




L’homme à la chevalière

Le noble cheval
Il doit supporter l’homme
Qui se fait de l’argent sur son dos
Le cravachant pour qu’il cavale
Ou l’apprêtant pour que d’aucun l’avale

Et cet homme est fort mesquin
De tirer parti de ces spectateurs
Passionnés qu’ils sont par le trot équin
À parier sur qui sera le meilleur

Aveugles à l’exploitation animalière
Eux aussi ont des œillères
Dans cette triste course au profit
Dont ils sortent souvent déconfits

Éblouis par la cavalcade colorée
Ils ignorent combien ils sont abhorrés
Par ces juments qu’encore on rosse
Comme du temps des relais et des carrosses

Les chevaux autrefois rétifs
Se sont fait beaucoup moins démonstratifs
Ils sont en effet promis à une fin macabre
Si jamais ils se rebiffent ou se cabrent

Et le propriétaire cupide
Lui gère furieusement son écurie
Et si par malheur le poulain est peu rapide
Il finira à la boucherie

On comprend alors qu’il galope
En raison de cette conduite cavalière
De l’homme au lasso en bandoulière
Et pour éviter de finir en escalope

Les uns de honnir
Les autres de hennir




Nom d’un chien

Elle choie son chien
C’est son choix
Elle trouve ça bien
Et lui ça lui échoie
Qui ne demandait rien

Elle en est tellement gaga
Qu’elle se coiffe comme son caniche
Et on le trouve souvent au bout du lit
Et rarement dans sa niche

Elle l’appelle mon ange
Et l’habille d’un lange
Elle le couvre de caresses
Et quand elle le tient en laisse
Lors de la promenade dominicale
On croit voir un cordon ombilical

Elle est très câline
Adore son toutou
Lui brosse les canines
Lui sacrifierait tout
La preuve ces tas de jouets
Ces paroles attentionnées
Ces petits plats mitonnés
Qui témoignent de son affection
Là où d’autres font claquer du fouet
Et génèrent de l’affliction

Certains la trouvent burlesque
Mais ne sont pas moins grotesques
À s’occuper de leurs molosses
Comme s’ils étaient des gosses

Ce qu’ils se sont bien garder de lui dire
Et elle ne le soupçonne ni ne l’a dans l’idée
C’est que son manteau est en peau de canidé
Quel scandale si elle venait à le découvrir




Le funeste anthropocentrisme

Pour eux, les autres animaux
Les humains pourraient être comme des dieux
À la place de cela certains incarnent le diable
Et ce qu’ils leur infligent est effroyable
Difficilement imaginable et odieux

Les humains peuvent vraiment être impitoyables
Au lieu d’être humbles et miséricordieux
Leur vanité et leur vilenie sont incroyables
Le mal en eux est redoutable, mordieu

Et ainsi ici-bas sous les cieux
Se perpètrent les actes inqualifiables
Aux raisons faussement justifiables
De ces êtres violents et pernicieux

Au nom de quelles valeurs
Peut-on en effet légitimer ces horreurs
Quelle cause doctrinaire
Autorise ces faits cruels et sanguinaires
Si ce n’est ce dogme prétentieux
Qui perpétue la violence et la haine
D’une prétendue supériorité humaine
Qui donnerait un droit irrévérencieux
À disposer des bêtes sans la moindre gêne
Dont la destinée présupposée
Serait de naître afin de sustenter les hommes

Et de propager le malheur
Et d’inspirer la terreur
À ces animaux également magnifiques
Soumis à leur tyrannie satanique

Au lieu de réaliser, sagaces
Qu’ils auraient pu être à leur place

Il serait juste en vérité d’offrir des caresses
De mettre en pratique une haute idée de la sagesse
Au lieu de moquer la pensée non-violente antispéciste
Cette éthique pacifiste

Pour une théologie éclairée par l’éthologie
Une philosophie zoophile et ensoleillée
Honorant Ahimsa




Planète pénitentiaire

Les animaux sont au cachot
Les gorilles derrières des grilles
Les poissons sont en prisons
Les oiseaux sont en cages
Les arbres derrière des barreaux
Les reptiles sont au bagne
Les plantes en pots
Les fleurs en cabane
L’animalcule est en cellule
Les insectes aux oubliettes

La vie entière est en centrale
De par ces hommes en ville
Dans leurs clapiers bétonnés
Geôliers de la nature
Possibles cerbères de la terre




Plumes et prison

Ô éprouvante rage
À voir l’épouvante en cage

Des oiseaux derrière des barreaux
Crient sans cesse leur désespoir
Causé par l’oiseux désir de leurs bourreaux
Qui eux entendent un chant jubilatoire
Et voient simplement de la couleur entre des barres
Aveugles qu’ils sont à cette petite prison barbare

Quelle cruelle claustration
À l’incommensurable frustration
D’avoir des ailes inemployées
Qui peuvent à peine se déployer
Avec le risque de l’ankylose définitive
Et la psychose pour perspective
C’est heureux s’ils ont un perchoir
En ce lieu sacrificatoire

Mais les geôliers sont loin de s’émouvoir
Qu’ils n’aient pas la place de se mouvoir
Ils appellent ce cachot une volière
Comme leur a dit l’oiselière
Qui vola ces volatiles à la nature
Pour leur faire connaître cette torture

Et seul un peu d’eau et des graines
Contrebalance leur haine
Leur donnant bonne conscience
Face à la souffrance




Vie suprême

Ils abattent les agneaux
Mais baptisent leurs bateaux

Ils ont des troupeaux qu’ils torturent
Mais caressent le capot de leur voiture

Ils méprisent et maltraitent leur bétail
Mais aiment à embrasser leurs coupes et médailles

Ils massacrent le vivant à haute dose
Mais chérissent les objets et les choses

Ainsi d’exterminer flore et faune
Tout en priant ou en baisant leurs icônes

Et les félins d’attendre leur dernière heure
Et le tigre d’apparaître dans le moteur

Violenter les êtres les obnubile
Alors ils parlent de cimetières automobiles

Ils ne respectent pas la vie
L’or les éblouit dont ils ont envie




La ville animée

Il est une ville spéciale
Où cohabitent les espèces
Où les animaux vont libres
Où les hommes vont prévenants

C’est une ville géniale
Où personne ne tue ou blesse
Où les êtres vibrent
Et se respectent différents

Le seul ennui en fait c’est les accidents
Il y a une telle animation
Qu’il faut faire très attention
À ne pas se rentrer dedans

Et c’est un vrai et noble défi
Que de prendre garde à ne pas heurter autrui
Dans ces quartiers aux mille créatures
Où l’on trouve toutes les races de la nature

Il y aussi le problème des modes de vie
Et là personne n’est du même avis
Il y en a tellement de variétés
Qu’il n’est pas commode de se voisiner

Prenez le quartier des hippopotames
C’est difficile de ne pas s’y embourber
Et là où demeure l’âne
Il faut savoir patienter

On peut aussi glisser sur des peaux de bananes
Dans le secteur des chimpanzés et des gorilles
En d’autres endroits c’est l’odeur des zorilles
Qui peut vous donner mal au crâne

Il faut donc faire preuve de bonté d’âme
Pour supporter certaines particularités
Mais il n’y a pas de quoi en faire un drame
C’est juste l’épreuve posée par l’altérité

Ainsi il est toujours possible de coexister
En parfaite et bonne intelligence
Et bien sûr on ne trouve pas d’indigence
En cette pacifique cité




Pleutre

L’homme divague
Qui délaisse son chien
Comme un bon à rien
Sur une aire d’autoroute
Lâchement abandonné
En fin de randonné

Ce fidèle en amitié
Le voilà rejeté qui erre
En plein mois d’août
Au bord de la route
Humant vainement l’air
Pour retrouver son maître
Qui lui veut le voir disparaître

Enfin au bout de nombreux kilomètres
Il se révèle être un traître
Ayant renié son compagnon dévoué
Pour de simples raisons de commodité

Certes le pire aurait été qu’il le maltraite
Il aurait pu être battu
Comme font ces autres vils individus
Qui croient se soulager de leur frustration
En brutalisant ceux sous leur domination
Et eux donc de souffrir des insuffisances
De ces êtres emplis de suffisance

Ah mais il faut tout de même être terriblement éhonté
Pour se séparer si petitement de tant de loyauté et de bonté




Le poisson chat singe ce cachalot

Cet homme sûrement plus fier qu’un coq
Se pare souvent des plumes du paon
De peur de passer pour une poule mouillée

Il traite tout le monde de nom d’oiseaux
Depuis qu’il vole de ses propres ailes
Et cela occasionne des prises de bec

Il peut être un vrai perroquet
Bien plus bavard que la pie
Et être gai comme un pinson

Comme il peut faire l’autruche
Ou bien le pied de grue
Et bailler aux corneilles

Un jour un oiseau de mauvais augure
L’a dépeint comme un canard boiteux
Et son couple comme battant de l’aile

Il était en fait tombé sur un bec
Et lui qui n’est pas un aigle
Il crut que c’était son chant du cygne

Mais pour passer du coq à l’âne
On dit aussi qu’il est têtu comme une mule
Tellement il est à cheval sur ses principes

Il peut être un vrai chameau
Mais un fond ce n’est pas un mauvais cheval
C’est plutôt un drôle de zèbre

Il a d’ailleurs une mémoire d’éléphant
Et il peut être malin comme un singe
Alors qu’on le pense bête comme ses pieds

En fait il est rusé comme un renard
Et ce n’est pas au vieux singe
Qu’on apprend à faire la grimace

Quand donc on le voit aller à pas de loup
Muet comme un carpe
C’est qu’il y a anguille sous roche

Il est plutôt du genre à rire comme une baleine
Lorsqu’il est heureux comme un poisson dans l’eau
Malgré la domination des requins de la finance

Avec eux on s’assoit sur un nid de guêpe
Ils tentent de vous faire avaler des couleuvres
Ou de vous tirer les vers du nez

Ce sont de vraies sangsues
Et ils vous rendent vite chèvre
À force de cracher leur venin

Et ils vous chercheront des poux
Si vous leur dite que les animaux sont des boucs émissaires
Que l’héroïsme c’est de ne pas faire de mal à une mouche

Pour conclure cette histoire sans queue ni tête
Les animaux n’ont pas fait qu’enrichir ton vocabulaire
On a pris exemple sur eux par bien des manières…

Eut-on seulement l’idée de voler sans les oiseaux ?
Aurait-on pensé à nager sans les poissons ?




Libération animale

Vive les animaux
Que vivent les animaux
Non plus victimes qu’on décime
Ni chairs qu’on digère
Non plus viandes pendues en abattoir
Ni objets d’expériences en laboratoire
Non plus créatures que l’on exploite
Pour mettre des produits en boîte
Non plus bêtes de divertissement
Pour palier notre ennui et nos errements

Mais des êtres souverains et sensibles
À la liberté entière et indicible
Délivré de notre terrible violence
Avec qui partager la terre et l’existence

C’est bien leur libération que l’on réclame
Combien de temps encore faut-il qu’on le proclame
Que les animaux eux aussi ont une âme
Et qu’il faut faire cesser illico le Drame




L’homme cherche sa place

L’homme a beaucoup à apprendre des autres animaux
Lui qui peut même devoir craindre
La cruauté au sein de sa propre famille
Lui qui s’habitue à côtoyer les siens en guenilles
Et ne supporte de les entendre geindre
Alors que parfois même on les étrille
L’homme qui met en cage ses propres congénères
L’homme qui ne s’est pas encore guérit de la guerre
Et qui continue à glorifier les actes militaires
Lui qui est très fier de s’envoyer en l’air
Alors que son prochain meurt de faim
Et n’a aucun espoir dans le lendemain
L’homme a beaucoup à apprendre des autres animaux




Modèle de cruauté

L’homme est bien peureux
Qui s’abrite derrière les autres animaux
Et effectue des tests sur ces malheureux
Par crainte de lui-même y laisser sa peau

Il pense que de se comparer au rat
Au lapin au chat ou à la souris
Le préservera et le sauvera
Ignorant là sa profonde duperie

Nombre sont morts
Victimes de médicaments délétères
Qui guérissaient pourtant le hamster
Pris en définitive pour modèle à tort

Pourquoi donc ce qui sied à un roquet
Serait valable pour notre poitrail
La pénicilline tue bien les cobayes
Et le persil les perroquets

Malgré cela on les immole
Et ce dès les bancs de l’école
Et c’est la pauvre grenouille qui dérouille
Et les élèves de manipuler sa dépouille

Par ces expériences funestes et inutiles
Les professeurs inculquent l’insensibilité
Et le mépris de cet autre animé
Au nom d’un savoir violent et imbécile




Vacheries

Goûtez le lait de riz ou d’amende
De soja ou de noisette
Et vous réaliserez avec peine
Qu’il y a une haine de la vache
Que ce que l’homme lui fait
Est vraiment laid
Qui l’épuise à la tâche
Ne ménageant pas sa peine
L’élevant aussi pour la viande
Pour de satanés coups de fourchettes

L’homme fier et son fiel
Assassine le veau
De l’insémination artificielle
Abomination issue de son cerveau
Et la génisse mugit larmoyante
Qui est destinée à la trayeuse
Et sera traitée comme une machine
Toute une vie il faudra qu’elle s’échine
À produire son or blanc
Que l’homme éhonté lui vole
Et dont il s‘abreuve et raffole
On le savait un grand enfant
De mal en pis
On le découvre tel un veau




Aube

C’est l’heure de ton réveil
D’émerger de ton sommeil

La rosée doucement s’évapore
Vient le calme aurore
Lentement les fleurs d’éclorent

Il est temps de saluer le soleil
De dire bonjour aux arbres et aux abeilles

Au chant retentissant du coq
Tu ouvres grand tes yeux et tes oreilles
Sortant de ton silencieux soliloque

Les arbres alors te parlent du vent
Et tu te lèves à leurs bruissements

Joignant ta parole aux pépiements
Tu lèves les bras au firmament
Et à l’unisson tu t’écries :

Le soleil sent bon
L’odeur des fleurs
Ses rayons sont un don
Qui effleurent




En harmonie

De l’âne au hanneton
Du faon à l’éléphant
Du cafard au canard
Du rat au cobra
Du cheval à la mygale
Du moineau à l’escargot
Du pourceau au poulain
De l’humain au lapin
Du lion au papillon
De la sauterelle à l’hirondelle
Du chat au chameau
Du rossignol à la luciole
Hommes bêtes ou bestioles
Je respecte tous les animaux
Comme certains aiment leur seul chien




Carne acier

Tant de sang coule dans le monde
Que même la terre saigne de tant d’immonde

O homme
Que fais-tu de ton paradis
De le croire dans l’au-delà
Tu le détruis ici-bas

Cesse au moins de faire couler le rouge sang
De ceux qui se meuvent libres sur le sol
Puisque tu ne peux faire sans la verte sève
De ceux qui puisent à même la terre

Ce n’est pas la pomme qui t’a empoisonné
Mais la chair qui t’a intoxiqué
Et le fruit n’est pas défendu mais la chair
Sang versé et viande impliquent violence

La terre est ronde et en partage
Et les animaux ne sont pas silencieux
Mais tu es sourd à leur langage

Plutôt que les détruire
Des animaux l’on devrait s’instruire
Voilà un futur sage adage
Vivre ensemble
Sans que d’aucun ne tremble

Sauf à abréger une insupportable souffrance
C’est à Dieu de prendre vie non pas à l’homme

Violence : faute majeure et terrible




Humanity and its vanity

God is there in your dog
In the ant and the elephant
The cat and the caterpillar
The horse or the hog

He is there even in the vulture
In the smallest creature
Whatever its size in nature
Never mind which feature

Man and animal we are all
Sons and daughters of the Sun

But man is cruel and selfish
He eats flesh and fish
And there is so much harm
On his bloody farm

Earth is round and to share
And animals are not silent
But it is man who is deaf

We don’t need beasts to die
And end up as meat in a pie
Their fate is to live and mate
Not to finish in your plate

You could at least spare the red blood
Of those who move free around the world
Since you can’t do without the green sap
Of those who directly draw from the earth

Unless to relieve suffering
It is not for man to take life but God




Attention

Prenez garde au grand détour
Les vautours eux-mêmes crient aux vautours

Animaux méfiez-vous
Des hommes un jour vous tendent la main
D’autres ou les mêmes vous tuent le lendemain
Ici ils vous donnent gentiment du pain
Là ils vous tirent comme des lapins…

Animaux méfiez-vous
L’homme est plein de malice
Un jour tel un complice
Un autre le révèle duplice

Animaux méfiez-vous
N’ayez trop confiance
Face à l’homme déloyal
Ses caresses peuvent s’avérer létales

Animaux méfiez-vous
Ayez même de la défiance
Car si ici il vous porte assistance
Là il inflige de la souffrance

Oui animaux méfiez-vous
De l’homme et sa duplicité
Sans quoi ses trahisons éhontées
Aurons finalement raison de vous




Caresse

Ce chat plein de paresse
Qui pourchasse pourtant tes rats
Ronronne et attend que tu l’effleures

Ce chien plein d’amitié et d’allégresse
Qui sent bien ton humeur
Qui renifle tes maladies
Tes mines et tes explosifs
Qui te guide aveugle
Gardien fidèle de ton logis
Adore que tu le dorlotes et le cajoles
Lui ton secouriste et défenseur

Et ce dauphin plein de prouesse
Lui aussi admirable sauveteur
Aime un frôlement câlin et joueur

Ainsi tous à t’aider simplement
À t’inviter à des caresses
Peut-être sollicitent-ils ta sagesse




Du rocher au plateau

Conques coques et coquilles
Abris bien malins
Sur les bords marins
Sont bien inutiles
Face à la main habile
De l’homme qui étrille
Et débusque les mollusques
Ou autres arthropodes
Armé de sa terrible épuisette
Ou d’autres délétères méthodes

Et ces fruits de mer
Certes au beau nom fruité
Ne sont que carne de crustacé
Ornementé sur un plateau
De la viande de coquillage
En vérité bien salée
Issue du vaste pillage
Des rochers et des rivages




Sage comme un singe

Homme n’oublie pas d’où tu viens
Ne renie et ne méprise tes cousins
Qui t’ont appris plus que tu ne te souviens

Ainsi le barrage du castor
Le camouflage de l’iguane
La nage des poissons
Le vol et le chant des oiseaux
La solidarité des fourmis
La tanière de l’ours
La ruse du renard
La prévoyance des écureuils
L’endurance du chameau
La patience de l’âne
Et tant d’autres choses encore

À voir comme tu traites aujourd’hui les non-humains
On ne s’étonne que tu sois sans nouvelle des non-terriens




Rage

L’homme qui agresse
L’homme qui engraisse
Enfonce dans la gorge du désespoir
Le long tuyau de l’entonnoir
À en atteindre les boyaux de l’agonie
De cette pauvre oie
De ce pauvre canard
Et il grossit terriblement leur foie
Ravagés par le bourrage cruel
Malade du gavage barbare
De la main redoutable
De l’homme impitoyable
Qui tordra le cou des pauvres volatiles
Au terme de sa vaste torture inutile




Horror show

Those bears that have to suffer the unbearable
Cruelly hooked by the nose
For the sadists to applause
The most unendurable dance

The elephants’ performance
In fear of the brutal trainer
Of the inhumane circus
Could seem less harsh

But shedding the bull’s blood
Is undoubtedly as barbarous
In spite of all the decorum
In the revolting arena

Same for the hens and dogs
As for the dolphin or tiger
All forced to enter
In the horror circle

The violent man who annoys
Every single animal
When will he understand
That they are not toys ?




Man may be mad

Animals beware
Some men come and lend you a hand
While others try to erase you from the land
One day they give you bread
The next they want you dead

Animals beware
Man may be duplicitous
And can be malicious
Here offering assistance
There inflicting sufferance

Animals beware
Be careful who you trust
Man can be so unjust
Stroking you here
Killing you there

Yes animals beware
Of man and his treachery
Otherwise his betrayals
Will have the end of you




Voracité

Au lieu de la célébration du solstice
Le culte impropre de Jésus Christ

Le Noël cruel

Fête macabre
Au pied d’un arbre mort
Où sous les candélabres
Ils ripaillent autour de cadavres

Les viandes sont entourées de guirlandes
Les chairs parsemées de bougies
On ornemente d’étincelles
À en faire oublier l’immense gabegie

Tant de sang versé
Tant d’animaux sacrifiés
Voire même suppliciés
Sans même y penser
Pour des plaisirs éphémères de bouche

Mais où est le Noé de Noël ?




Compassion

Those ducks I love to see them live
While others like to eat their sick liver

Never mind from which valley or river
Be they from the sea or the land
Do they walk swim or slither

From the ant to the elephant
The pig to the pigeon
The mouse to the titmouse
The roach to the cockroach
The snail to the whale
The chimp to the shrimp
The rat to the bat
The cat to the caterpillar
The fly to the butterfly
The dog to the frog
The horse to the hog

Do they have scales shells fur or feathers
I respect and love all animals
Like some acknowledge their sole dog




Le choix pacifique

"Les animaux n'ont pas comme l'homme, l'orgueil de se croire les rois de la création." Théodore Monod

Du laboratoire à l’abattoir
De la cage au lieu d’abattage
Pour les animaux il n’y a de justice
Qui vivent un incessant supplice

Eux aussi sont issus de la Création
Et sont dignes de compassion
Mais l’homme se croit le roi
Et leur dénigre tout droit

L’homme est devenu le plus fort
Et enorgueilli par sa puissance
Il méprise leur sort
Et les massacre dans l’indifférence

Les animaux sont hors la loi
Et sont traités en toute iniquité
La grande boucherie du spécisme
Ne faisant pas dans la pitié

Et la pensée sacrificielle
A encore de nombreux fidèles
Qui perpétuent les carnages
Et les tueries rituelles

Pourtant l’homme a le choix
Qui pourrait faire preuve de commisération
Il pourrait facilement devenir végétarien
Et éviter ces morts qui ne servent à rien




C’en est assez

Pourquoi une telle haine
De la belle baleine

Pourquoi encore la harponner
Comme par les siècles passés
Malgré l’avancement de nos connaissances
Sur l’intelligence des cétacés

L’homme se croit le plus malin
Parce qu’il peut aisément tuer
Et être le plus violent

Ces mammifères marins
Au langage élaboré
Mais par nous ignoré
Méritent un tout autre destin

Tout comme les dauphins
Qu'ils font prisonniers
Pour amuser les enfants et leurs parents
Eux qui rêvent de l’océan lointain

Ils vivent dans les vagues
Et l’homme sauvage divague
Qui s’immisce dans les eaux
Et continue de les persécuter

Au nom de la pensée
C’en est assez
Il faut mettre fin
À cette chasse aux cétacés
À ces sentiments de supériorité




Trauma

Ce chien sauvé du laboratoire
A une terreur des blouses blanches
Elles lui rappellent ce scientifique
Qui habillé tel un boucher
Menait ses pratiques horrifiques

Dès qu’il voit ce vêtement
C’est la panique
Il se terre dans un coin
Et pleure de peur
Le douloureux souvenir
N’étant pas assez lointain

À la vue de cet habillement
C’est l’affolement
Il court se cacher
De peur que se répètent
Les expériences traumatiques

Vous avez beau le tranquilliser
La vision de l’habit
Remue le couteau dans la plaie
Il gronde puis gémit




Ils dominent et croient leurs origines plus divines

Par un curieux hasard
L’homme est un animal à part
Devenu souverain sur terre
Par un étrange mystère

Et sa domination totale
Lui fait oublier son origine animale
Il est souvent préoccupé que de lui-même
De ce qu’il récolte et de ce qu’il sème

Prenez les titres des journaux
La plupart du temps il n’y en a que pour l’homme
Ses activités et ses nombreux maux
Les autres animaux sont un fait divers en somme

L’homme occupe tout l’espace
Prend de plus en plus de place
Et son envahissante expansion
Est synonyme de destruction

Les habitats des animaux se réduisent
Que les hommes violents détruisent
Les forêts sont ravagées
Les terres sont accaparées

Bientôt si le sacrilège continue
Les animaux libres auront disparut
Resteront au mieux les prisonniers des zoos
Et le bétail malheureux dans leurs enclos

Il ne restera que les hommes entre eux
À s’entredéchirer à qui mieux mieux
Qui auraient pu peut-être allouer un continent
Pour sauvegarder leurs frères innocents




Liberté et Création

Il est parti avec sa guitare
Dispenser son paisible art

Que la poésie l’emporte !
Il a mis les voiles
Et se guide aux étoiles

Œil pensant ciel
Il a quitté la ville sombre
Et emprunté la voie du soleil
Dans son ombre multicolore
Des papillons virevoltent
Doucement survoltés

Eclairé par l’Astre doré
Il explore la nature colorée
En une pacifique aventure

Terre royaume des animaux
Sphère animée de Vie
Inspire son œuvre
Insuffle énergie

Sa musique calme résonne
Vibre à la rencontre des hommes
Qui de félicité en frissonnent

Il chante gentillesse et amour
O Ahimsa et sagesse
Tout le long de son parcours

Il n’y aura pas ici de retour
De créer il n’aura de cesse
Célébrant vie et non-violence
Sous la voûte céleste




Prisme sphérique

De par son prisme poétique
Les rayons du soleil se transforment en verbe divin
Les rayonnements des étoiles en autant de mots célestes

Le ciel est la page merveilleuse
Où il faut lire à travers les nuages le message astral
Univers plein de trous et de lettres lumineuses

Le texte est extraordinaire qui est solaire
Dont le sens éblouissant est toujours à éclaircir
Dont les signes étincelants enrichissent l’atmosphère

De par son prisme poétique
Le chant des oiseaux devient parole divine
L’odeur et la couleur des fleurs un cadeau angélique

La terre est le livre vert
Où poussent les arbres vénérables
Et vivent les animaux sacrés

On entrevoit alors le langage des bêtes
Qui souffrent de ce qu’il y a dans certaines têtes
Ces hommes les maltraitant se croyant élus

De par son prisme poétique
L’homme touche à l’humain
Soigne maux plantes et animaux

Il est un grand sage
Qui ouvre et démonte les cages
Combat souffrances et douleurs
Grâce à la force de la douceur

Puissant et pacifique
Il abolit facilement la pauvreté
Rassasie donc immédiatement les affamés
Guérit de la violence




Inhumanité

Quand virilité
Rime avec débilité
C’est aussi quand l’un torture
Tandis que les autres applaudissent

C’est ce délirant militaire
Fou furieux par la guerre
Qui fait subir à son prisonnier un supplice
Sous les acclamations de ses complices

On retrouve cette jouissance perverse
Dans le sadisme organisé
Du spectacle de la cruauté
Qui veut par-là habituer à la férocité

C’est cet orgueilleux matador
Payé évidemment à prix d’or
Qui fait vivre un calvaire au taureau
Sous quelques mauvais bravos

L’homme ne s’est pas délivré du vice
Qui inflige ces sévices
Structurant ainsi sa barbarie
Dans ces arènes de la folie

Les évolutions de la science
L'accumulation des connaissances
N’ont aucunement modéré globalement la violence
Et leur belle idée d'humanité
Est encore considérablement encombrée de brutalité

La raison sans cœur
Equivaut à la déraison
On n’est pas sensé
Lorsqu’on n’est pas sensible

Inculquer très tôt la non-violence
Tout en douceur
Au-delà des soins pour bébé
Un impératif, une priorité

A cultiver en permanence




Poésie et résistance permanente

Pour une poésie engagée
Exigeant la non-violence
Dégagée de la cruauté

Pour une poésie de paix
Et de véritable respect
De toute forme de vie

Pour une poésie du calme
Et de la tranquillité
Centré sur la bonté

Pour une poésie de la sincère douceur
Soulageant souffrances et douleurs
Et les peurs qui minent

Pour une poésie de la liberté
Et de l’indépendance
Propageant la sérénité

Pour une poésie sociale
De solidarité mondiale
Pour le partage global

Pour une poésie politique
À la haute éthique
À la compassion étendue et véridique

Pour une poésie de l’équité
De juste justice
Sans punitions mais avec soins

Pour une poésie céleste
Du rayonnement cosmique
De l’espace troué et étoilé

Pour une poésie philosophique
D’amour de la sagesse
Raison proposant caresse

Pour une poésie de l’ahimsa
De la puissance de la non-nuisance
De l’aide en permanence

Pour une poésie du cœur
Une pensée médecine
Qui protège




Judo Mental

Judo mental
Grâce aux poulies spirituelles
Qui d’abord détournent la violence
La vôtre et celles des autres
Puis telles un paratonnerre
La neutralise en profondeur



Aux Animaux (© 2003-2008)

OEIL SPHERE SOLEIL

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.
René Char (Feuillets d'Hypnos)


Dyeux du ciel

Étoile du monde
Rose céleste
Or de l'horizon
Soleil sanguin

Oeuf de feu
Cœur de lumière
Cercle sacré
Ombilic cosmique

Rond divin
Oeil sidéral
Source d'ondes
Enceinte radieuse




oo

Oeil et oeuf
Amande ovale
Enceinte sacrée
Enveloppe du divin

Océan opalin
Espace lacté
Englobe l'orbe
Rond brillant

Ombilic d'or
Cercle transcendant
Essentielle sphère
Éon obvie




Corps céleste

Au sein de leur globe ivoire
Deux cercles de couleur
Aux centres ronds d'or noir
Donnent le délice de voir

Oeil lié au ciel
Iris sidéral
Origine cosmique
Aréole astrale
Ombilic essentiel

Sur les seins aux saintes rondeurs
Deux cercles de douceur
Enceintes de la source d'or blanc
Offrent le bonheur de jouir




Fluide lumière

En l'océan céleste
Brillent des perles
Et des vagues invisibles déferlent
Dont ces merveilleuses sphères se délestent

Et de la profondeur cosmique
Berceau de forces astronomiques
Émerge le joyau de nos rivages
Noyau de nos vies et de nos paysages

Parangon de la rotondité universelle
Illumination du cycle du cercle
Soleil puissant dans l'écume du ciel
Rayonne ses précieux flots originels




Sphère de vie

Elle a les oreilles en croissant de lune
Les lobes ornés d'une perle
Et des boucles irisées couronnent son beau visage ové

Ses yeux brillent d'une étrange lueur dorée
Lui donnant un air solaire et radieux
Sa tête comme nimbée d'un halo mystérieux

Sa bouche sinueuse murmure doucement une berceuse

Son cou fin et serpentin
Se courbe tendrement vers son ventre rond merveilleux
Qu'elle enveloppe de ses mains aux lunules resplendissantes

Une sphère de vie dans l'arc protecteur de ses bras
Son corps gracieux balance légèrement dans la lumière astrale
Qui caresse ses douces aréoles sacrées

Elle incarne la gloire étincelante du cercle créateur

Son chant fondamental est parfumé de miel et de fleurs




Caresse sacrée

Joyau du ciel
Soleil rend joyeux
Et sa caresse essentielle
Crée des mouvements merveilleux

De ses rayons ravissants et délicieux
Délicatesse d'un effleurement soyeux
Il enfante des fleurs sous nos yeux
Engendre la beauté et le gracieux

Don d'ondes précieux
Vital et chaleureux
Son contact lumineux
Vivifie et rend heureux




Aérien

Les oiseaux chantent le soleil
À nos oreilles des sons enchanteurs
Comme un hymne au bleu du ciel
À la présence sensible du créateur

Et ces ondes mélodieuses
Répondent à ces autres lumineuses
Une joyeuse cérémonie
Célébrant la somptueuse harmonie

Ô sphère supérieure !

Les arbres tendus vers l'astre du jour
Témoignent majestueusement de ce céleste amour
Abritant ces nids ronds et légers
Cercles protecteurs du précieux foyer

Et l'étrange hommage musical
Issu de ce sanctuaire végétal
Rend honneur à l'éclosion sacrée
Que ces anges s'amusent à glorifier




Obvie

Oui
Évidence
Du soleil
Qui mène la danse
Céleste merveille
Source de vie

Oui
Évidence
Du soleil
Qui éblouit
Divine puissance
Issue de l'infini




Danse de feu

Au roulement mélodieux des tambours
D'un balancement gracieux
Au rythme d'un hymne à l'amour
Elle danse en l'honneur des cieux

La tête couronnée de fleurs
Elle fait ondoyer doucement ses rondeurs
Au milieu d'un cercle d'adorateurs
Ronde joyeuse autour de sa splendeur

Ainsi lumineuse au centre d'une féerie
Elle tourne sur un tapis de pétales
Et ses mains décrivent des spirales
À l'image de certaines galaxies

Merveilleuse entourée de regards aimants
Sidérant ces visages éblouis
Irradiant l'atmosphère de magie
Elle chante les étoiles du firmament




Le chemin des fleurs

Prendre le chemin de terre qui serpente parmi les fleurs vers la source de l'arc-en-ciel
Passer les plaines d'iris et de tournesols
Et contourner les collines de coquelicots
Aller vers la vallée des roses où le vent porte des parfums enivrants et des
papillons colorés
Suivre alors le blanc torrent de bulles bordé d'herbe parsemée d'étoiles en fleurs
Traverser la forêt des arbres aux nids d'oiseaux enchanteurs
Voir leur ronde au loin sous le soleil au-dessus des abeilles
Puis se rafraîchir au lac aux mille cercles de pluie de pétales où trônent des lotus
couleur de pleine lune
Cueillir des pommes et des oranges et gravir ensuite la montagne aux marguerites
Continuer serein toujours vers la source de l'arc-en-ciel




Art et Astres

Poète des étoiles
Dépeint sur sa toile
De mots scintillants
Les sphères lumineuses du firmament

Poète des étoiles
De sa bulle merveilleuse
Chante les belles nébuleuses
Les gracieuses galaxies

Prodigieuse concentration

Poète du soleil
Cultive sous l'orange sphère
D'étranges jardins aurifères
Où germent des graines de lumière

Poète du soleil
Sème l'espace céleste
Se nourrit du ciel
Fleurit le silence




Cercle d'or

Cercle d'or
Sublime décor
D'ailes de papillons
D'yeux ronds d'oiseaux
Et de poissons multicolores

Cercle d'or
De l'éclipse de soleil
Du corps des abeilles

Cercle d'or
Que les hommes adorent
Anneaux étincelants
Bracelets brillants

Cercle d'or
Plus précieux encore
Autour de l'être qui dort




Ô Soleil!

Ronde sous le soleil
Célébration de l'aurore
Des oiseaux aux yeux cerclés d'or
De leur vol à la beauté manifeste
Tournoient dans le ciel
Participent au bal céleste
À la circulation éthérée
Nuages aux pétales orangés
Rouge paysage incandescent
Couleur coquelicot illuminé
Lieu de leur hommage circulaire
Au rond flamboyant
À la Sphère




Rayon

Silence
Soleil
Circule
Splendide
Cercle
Céleste
Sublime
Sphère




22/07/2001


Été

Les papillons font la ronde
Je suis cerné par les abeilles
Partout la vie circule
Dans ces montagnes qui m'encerclent
Des rapaces tournoient dans le ciel
Et le soleil m'englobe
Heureusement des torrents serpentent
Sous la lune bientôt pleine
Les roches ont des rondeurs de femme
Les étoiles sont fraîches et éclatantes




Orbite

Globe blanc
Couleur d’œuf
De lune illuminée

Oeil
Sphère
Soleil

Sous la paupière céleste
La coquille orbiculaire
Le cercle de lumière




Car il y a l'arc

Défense d'éléphant
Corne cosmique
Courbe ivoire
Du croissant lunaire
Le dauphin bondit
De l'eau à la lumière
L'arc est décrit
L'arc essentiel
L'arc-en-ciel
De ton sexe
De ton sourire
De ton sourcil




Le non-voyant

Sur le sable solaire
Il traçait des arcs d'or
De son bâton de lumière
Marchant au chant de l'océan
Au rythme des vagues sonores
Du déroulement incessant
Dans le bruissement des bulles
La ronde des parfums
Son chemin de nuit serpentant
Il sentit le soleil
Une main douce d'enfant
L'orienter dans le tournoiement




Sphère financière

De la table ronde
Du cercle fermé
De la bulle financière
Il ressort que ça tourne

Le capital circule
L'apparante rotation du pouvoir
Contient la révolution
Des ronds de cuir

C'est une affaire qui roule
Les choses sont rondement menées
Et rapportent des ronds




Cirque

Sur la scène ronde
Du cirque cosmique
Où des chevaux tournent
Autour d'un serpent céleste
Le phoque fait tournoyer une sphère
Et le tigre solaire passe
Au travers d'un cercle de feu
Ailleurs un pierrot lunaire
Jongle avec des anneaux en or
Et souffle des bulles de lumière
Les danseuses comme des étoiles
Décrivent des spirales
Au-dessus d'une ronde d'éléphants
Les singes jouent aux billes
Le clown au bilboquet

NB : Ceci est bien sûr un cirque libre sans cruel dompteur




Rebond

La période des tourments
Quand ça ne tournait pas rond
Oppressé dans sa bulle
Ça tournait en rond

Un mouvement concentrique
Un cercle vicieux
Une spirale folle
À en perdre la boule

Et puis le calme du tourbillon

La spirale vitale
La rotation silencieuse
Une roue mystérieuse

Le cercle radieux
Des sphères lumineuses

Croire en sa bonne étoile
Se faire une place au soleil




Cercle mégalithique

Au centre du cercle de mégalithes
La lumière des lucioles éclaire
Une ronde de femmes solaires
Autour d'une boule de pierre sphérique
Les robes tournent au son du luth
Les hommes en rond jouent du tambour
Dans le roulement les corps ondulent
La coupe de vin vert circule
On chante les sphères célestes
On consacre l'escargot
Dans ce cercle féerique




Madame Soleil

(Dame du professeur Tournesol)

Madame soleil
La sorcière solaire
Aux boucles de fleurs
Balance un panier d'oranges
Caresse sa boule de cristal
Le compas dans l’œil
Sous ses lunettes rondes
Fait tourner les tables
S'enrouler les serpents
Au son du coquillage
De son pendule lunaire
Dans des fumées de volcans
Sa marmite de bulles
Déborde de perles
Donne un oeil d'aigle




Sagesse

Soleil
Caresse
Félicité
Fleurs et fruits

Soleil
Écrase
Désastre
Soif et solitude

Soleil
Absent
Lune noire
Cernée d'étoiles




Moulin

Belles bulles brillent
Légères sphères
Arc-en-ciel scintillant
Autour du moulin à eau
À la roue solaire
Dans les spirales de vagues
Du tourbillon d'énergie

Les blés alors cerclés
La meule aussi circule
Des rondins de bois brûlent
La boule de pain cuit

Assis en rond
Le cercle d'amis
La coupe aux lèvres
Autour du feu qui nourrit




Un mauvais tour

On lui a joué un mauvais tour
On l'a rendu complètement rond
On lui a fait faire des détours
On l'a fait tourner en rond
Et puis on l'a mis en boule
On l'a cerné
On a brisé son cercle
On lui a mis des bâtons dans les roues
On l'a roulé dans la boue

Ça a pris un drôle de tournure




Le tigre et l'éléphant

Trop de soleil
Nuit

Même le tigre dort
Quand les arbres respirent
Toi aussi tu pivotes
Tel le hibou
Vers la face cachée
D'un sommeil d'or
Où ton oeil tourne
Dans le nid de pétales
De ses tendres paupières
Ton rêve révolutionnaire
Se déroule en douceur
À la lumière des étoiles
Roulé en boule
Sous l'oreille de l'éléphant lunaire
Qui orné de sa corne céleste
Pointe l'univers des sphères
En enroulant sa trompe




Tombé du ciel

Pigeon urbain
Du ciel citadin
Perché dans la pollution
Les pieds rouges lave
Sur la gouttière grise
Drapé des couleurs de nébuleuses
Tel un ange honorant le soleil
De son oeil rond cerclé d'orange
Guette les baies broyées
Observe en hochant la tête
La circulation sombre
Dans la poussière bleutée
Soudain sous les roulettes de la poussette
D'un clochard révolutionnaire
Des pépins de raisin
Des graines de tournesols
Le voici bombé comme une pomme
Aussi l'origine de son oeuvre lunaire
Sur le chapeau noir circulaire
De l'homme manquant de rondeur




Les murs se courbent

À sa fenêtre
Le firmament

Les étoiles
Au travers du toit

La lune
À sa lucarne

Le vent
Aux volets

À sa porte
La rosée

Sur le seuil
Le Soleil




Concept englobant

Des perles par perlaboration
Dans les replis de l'esprit
Les entrelacs de sa mémoire

Des baies ensoleillées
Dans les méandres de la pensée

De la giration de sa cogitation
Du tournoiement de phrases et d'images
De la ronde de mots et d'idées

Trouver la tournure
Un rayonnement
Dans le sens de son sacré

D'un puits profond et rond
La poulie solaire élève
Son déroulement poétique

Créer la sphère scintillante
D'une oeuvre révolutionnaire




Immonde

Ils lacèrent
Le ciel
Ils pourrissent
Les nuages
Ils empoisonnent
L'air
Ils saccagent
La terre
Ils assassinent
L'océan
Ils exterminent
Faune et flore victimes
Ils torturent
Le vivant
Violent la biosphère
Ils répandent sève et sang

Aveuglé par l'or
Assoiffés de sang
Ils ignorent
Le soleil si puissant




Les yeux heureux

Une robe de plumes
Un ruban de fleurs
Le sourire aux sourcils
Une boucle aux lèvres
Elle rayonne heureuse
Ronde comme une pomme
Ses courbes généreuses
Caresse son homme
Lui tournant autour
Chuchotant son tendre amour

Oser rose éros

Les lunules brillantes
Les aréoles luisantes
Des ailes dans les yeux

Un enlacement d'escargot
Une culbute de coccinelle

Leurs corps en cercle
Dans la sphère fluide
Des vagues chaleureuses

Ils tournèrent de l'œil
En soufflant du soleil



Le risque sulfureux

Le risque sulfureux
Périr (souillé)
Par le soleil




Crépuscule

Homme âgé
D'un ange accompagné
Voûté et vieux
Le corps bosselé
Aux rides courbes et creusées
L'œil profondément cerné

La blancheur lunaire
De tes cheveux nuageux
Serait ce la maturité irisée
L'or blanc de la mort
Le reflet d'un soleil
Éclairant avant d'emporter
Par un passage rouge

?




Nomade

De la ronde pomme
De Carnac
À la roue solaire
De Konarak
Du cercle de mégalithes
Au Temple du Soleil
Et celui Céleste
À Pékin
Il trimballe sa rosace
Elle un éventail
Et des cercles de cuivres
Et des cordes de velours
Dans leur roulotte de fleurs
Tirée par un tigre ailé
Ils soufflent dans des coquillages
Des papillons dans leur sillage
Des mélodies sacrées




Le tribunal animal

Au tribunal des animaux
Où chacun préside
Tous auréolés
L'on dénonce sous le soleil
La barbarie des hommes
L'hérésie des zoos
La folie de l'industrie
L'horreur économique

Au tribunal des animaux
Sous la voûte étoilée
L'on reconnaît le martyr des arbres
Les génocides d'océans
La faune et la flore torturées
Les massacres organisés

Au tribunal des animaux
L'on déplore le sacrilège permanent
L'avidité saccageuse
L'erreur violente fondamentale
L'aveuglement de la vanité
De l'homme usurpant Dieu




Cercles de jeux

Un, deux, trois…soleil
Quadrature du cercle
De l’enfant au cerceau

Un, deux, trois…soleil
De sa balançoire orange
Soufflant des bulles


Un, deux, trois…soleil
Billes boules
Balles ballons

Un, deux, trois…soleil
Roue yo-yo toupie
Étrange manège

Ça nous joue un tour
Et le tour est joué




Clin d’œil de lune

Crâne près du ciel
Sphère à l’auréole solaire
Tête planète
Au couple de cercles

Regard soleil
Clin d’œil de lune

Corps céleste
Cerné par ses lunules
À la paire d’aréoles
Aux centres nourriciers




Poulie Céleste

Sous la coupole étoilée
Il remonte sa montre
Aux engrenages dorés

Un disque tourne
Et un rondo
Le détourne de ses soucis

Venu en deux-roues
Avec son vélo révolutionnaire
Aux moyeux mystérieux

Il recourt à une poulie céleste
De sa boussole de nuit
Pour hisser ses forces




Elle est surréelle

Cerveau aux circonvolutions galactiques

Corps courbe aux os de lune et au sang solaire

Tes cheveux sont des racines célestes attirées par les étoiles
Ton nez est un arbre dont les branches se terminent dans le ciel de ton front
Tes yeux sont des lacs de lumière qui reflètent le firmament
Ta bouche souriante est un arc-en-ciel aux lèvres chaudes et humides
Tes oreilles sont des croissants de soleil

Tes seins mènent à la Voie Lactée




Verte terre

Soleil jaune
Lune bleue
Verte terre

Triangle des trois sphères
Au sommet solaire

Des parents pour la terre
Un couple qui influence
L’orbite elliptique
L’eau et la lumière

Harmonie arc-en-ciel




Lumineuse

Sa céleste muse
Il aime sa peau
Il en fait un poème

Sa tendre égérie
Lui livre énergie
Pour l’art pacifique

Sa douce inspiratrice
Stimule force créatrice
Sylphide fécondatrice

Sacrée femme
Charme l’âme
Grâce enflamme

L’amour elle donne
Il le fredonne
Elle est plaisante
Il le chante

Les courbes de son corps
Sont le plus beau des décors
Et il voudrait avoir du génie
Pour louer bien son esprit

Délicate c’est elle
Qui donne des ailes
Et éclaire

Sans elle, plus d’aérien




Lu dans la lumière

Lu dans la lumière
Que nous sommes papillons
Qui retourneront à poussière

Tels ces lépidoptères
Nous vivons et virevoltons
De façon bien éphémère

De cœur en cœur
De fleurs en fleurs
Le parcours est temporaire

Nous passons et sommes passage
Et nos vies sont précaires
Entre terre et atmosphère

Le merveilleux soleil
Qui nous réveille
Accompagne notre métamorphose

La Nature l’impose
Nous allons de rose en rose
De façon transitoire

Quelle que soit la destinée
L’aventure est momentanée
Notre vie est provisoire




Printemps

Tendez bien l’oreille
Vous entendrez le soleil
En grand artiste de la nature
Il vous chante sa peinture
De la science de la couleur
De la beauté et de la douceur

Ecoutez ses chauds rayons
Qui annoncent la saison des fleurs
Aux matins pleins de parfums et de senteurs
Aux aurores multicolores

Ayez une fine ouïe
Grâce à l’Astre
Issu de l’Infini et ses galaxies
Tout verdit vit et revit
Se développe et s’épanouit

Ca bourgeonne et ça bourdonne
La nature sourit et ça fleurit
Il pleut des pétales et ça pépie

Ce qui sommeillait s’éveille
Au plus chaleureux effleurement
C’est la fête dans l’atmosphère
Les arbres sont verts
Tout s’emballe et danse
Effervescence de la renaissance
De tendres éclosions

S’amorce la chorégraphie naturelle
Le bal des ailés
Qui ne finira pas de sitôt

Loin encore le temps des confitures !




Pluie de Lumière

Il pleut des rayons de soleil
Et de cette pluie chaude et lumineuse
Les fleurs s’abreuvent silencieuses

Et l’averse étincelante
S’avère aussi bien stimulante
Pour les arbres et les plantes

La vie tout entière
Célèbre l’ondée légère
Créée par l’astre solaire

Tout le monde se réchauffe
Sous les flots de lumière
Les ondes sacrées

L’étoile arrose
Son nécessaire rayonnement
À qui l’on doit le vivant

C’est la douce effervescence
Les essences se répandent
Dans l’air et sur terre tout danse

L’énergie se libère
On est sorti de l’hiver
Et la nature sourit




Héliothérapie

Tourmenté par tes nuages existentiels
Apprécie le bleu du ciel
Contemple activement
Avec modération
Le soleil et ses rayons
Qui apportent leurs solutions

Clé de sol

La lumière dissipe les préoccupations
La clarté écarte les tracas
Puise dans l’illumination
La résolution de ton cas

L’Astre solaire sans colère
Est guérisseur
Soigne les malheurs
Sa chaleur pondérée apaise
Céleste scolaire

Ici point besoin de médecin
Inutile le praticien
L’étoile réconforte ton cœur
Calme les douleurs

Point besoin de rebouteux
Le soleil doux est merveilleux




Entre Ultraviolet et Infrarouge

Il peint sur sa toile
La grandeur de notre étoile
Aux couleurs extraordinaires
L’astre solaire qui dévoile
De bien prodigieuses lumières
Au contact de notre atmosphère

Virant rarement violet
Entre deux crépuscules
Rouge sanguin
Du soir et du matin
Se métamorphose
En nuances de rose
Passant par le pourpre
Rubis et vermeil

Et l’orange merveilleux
Qui embrase les cieux

Lentement le ciel bleuit
Et sagement sourit
Changent les coloris
Alors le jaune du jour
Passant par l’or de midi

Au moment propice
Le rayon vert
Pour le regard un délice
Qui luit à l’horizon
Comme une aurore polaire
Eclaire la puissante magnétosphère

Parfois ces nuages noctulescents




Dents-de-Lion

Un pissenlit céleste
Rayonne au sein de l’herbe
Et ses mille et une pâquerettes
Tel un soleil parmi les étoiles

Son capitule si jaune
Aux douces bractées dorées
Balance dans l’air
Illumine l’espace vert

Alors sa prodigieuse métamorphose
La fleur devient délicate aigrette
Se transforme en superbe sphère
À l’image des globes stellaires

Ses akènes flotteront en l’atmosphère
Les graines ultra-légères
S’éparpillant au gré du vent
Comme neige de printemps




Homme comme fourmi

Comme on se sent minuscule
A l’arrivée du crépuscule
Le soleil à nos yeux disparaissant
Embrasant d’abord tout l’horizon

La voûte céleste se dévoile
Au mille milliards d’étoiles
Et on est juste lilliputien
Devant autant d’astres lointains

Avec l’obscurité l’on se comprend petit
A des millions d’année-lumière
Se situent ces géantes sphères
Qui illuminent notre nuit

Nos vies paraissent bien éphémères
Face au gigantisme stellaire
Et on est en effet insignifiant
Face à l’immensité du firmament

Comme les fourmis
Nous errons sur terre
À la merci
D’un événement délétère




Platane

Des oiseaux planent
Par-dessus le platane
Qui s’élève colossal
Remarquablement vertical

Il est auguste et majestueux
Les branches tendues vers les cieux
Sa hauteur démontrant comme il est vieux

Il a traversé nombre de saisons
Ayant résisté souvent au vent violent
Ainsi on le voit de loin à l’horizon
À côté de quelques cèdres voisins

Il a épanouit toute sa force
Et on admire sa prodigieuse écorce
Où quelque enfant aura gravé une pensée
Qui aime jouer avec son fruit sphérique
Semblable à un astre forestier

Il en a vu passer à son pied
Des générations d’hommes
Des illustres comme des inconnus
Parfois témoin de terribles accidents
Des malheureux venant s’encastrer dans son tronc




Bossa Nova

"It don't mean a thing if it ain't got that swing” Duke Ellington

A Antonio Carlos Jobim et Elis Regina, Elis & Tom et aussi Charlie Byrd

La muse du musicien
Le plus oiseau des hommes
Aime les textes parnassiens
De ces subtils albums

Il chante poésie
Créant avec sa guitare
De douces mélodies
De l’art raffiné en harmonie

Elle colore au chant
De son léger pépiement
En adorable diva
De la belle bossa nova

Comme ils gazouillent
Ils jazzouillent
Ils ont du feeling
Et ça swing

Ils forment un superbe duo
Propageant avec brio
Avec calme leurs idéaux
En un délicat tempo




Rose

Un oiseau se pose
Doucement dépose
Une petite rose
Tout juste éclose

Merci à ce merle

Elle sent bon le soleil
Et ce poète s’en émerveille
Qui loue ce don venu du ciel

Il en compulse les pétales
Et examine ce qui s’en exhale
Un parfum sobre qui enivre
Et donne la joie de vivre

Elle vibre de douceur
Et ravit ce penseur
Invitant à des caresses
Par ses délicatesses
Aux couleurs d’aurores
Et couchants multicolores

Sa grâce céleste
Est sans conteste
Et cette fleur divine
En sa grande sagesse
Défend sa beauté par des épines
La protégeant de la maladresse

Beaucoup la coupent
Alors c’est une fleur qui se mérite
Seul l’impatient s’en irrite
Qui voudrait la cueillir
Sans considération




Les oiseaux

Il a la tête pleine de chants d’oiseaux
Emplie de sons mélodieux
Qui rendent grâce à Dieu
Du pouvoir de voler dans les cieux

Concentrés ils se sont concertés
Pour chanter la liberté
De leur capacité essentielle
D’aller et venir dans le ciel

Et ce don que l’on prête aux anges
De planer par dessus nos têtes
Ils en font sans cesse la louange
En habitants ailés de la planète

Ils font une véritable fête
De leur art du vol
Et vantent Eole
Sauf quand il tempête

Ils consacrent aussi bien le soleil
Qui le matin réveille
Et dont ils pressentent la venue
Ainsi la symphonie de bienvenue

Et ce n’est pas une averse
Qui les fera taire
De plus belle ils conversent
À propos de l’humide terre

Ils sont bien bavards ces oiseaux
Qui disent l’hérésie des cages et des zoos
Où l’homme sacrilège emprisonne
Leurs comparses et autres animaux




Les piafs

Des sons émergent d’un buisson
Où sont des moineaux
Qui pépient à l’unisson
En quête de rameaux

Ils sont bien cachés
Au cœur des feuillages
Mais leurs chants un peu exaltés
Nuisent à leur camouflage

Leurs beaux yeux brillent
À la recherche de brindilles
Et ils en oublient le danger
De se faire capturer

D’autres barbotent
Et eux aussi chuchotent
Ce qui trahit ces passereaux
Prenant leur bain d’eau

On les entend plus sage
À l’abris des chats de passage
Trottinant en haut de gouttières
Ou sur des fils de lumière

Les piafs ne cessent de chanter
Et le passant enchanté
Normalement adore
Leurs effets sonores




Femme solaire

Sacrée femme
Le soleil en son âme
Elle a toujours chaud au cœur
Indépendamment du temps

L’astre au sein de sa poitrine
Quelle que soit la saison
Elle rayonne féminine
Sa lumière dans la maison

Avec elle c’est l’été pour l’éternité
Tout le temps le printemps
Elle est riche de gaieté
Qui irradie l’atmosphère
Elle ignore la colère

Elle éclaire l’espace
De toute sa grâce
Elle brille de mille feux
Et nourrit les yeux

Elle respire l’énergie
Est emplie de vitalité
Elle est la félicité même
Et c’est pourquoi on l’aime

Quand douce elle articule
On écoute un sage oiseau
Qui sait le verbe vert
Qui vibre imperceptible
Comme celui des animaux

Elle tutoie bien sûr les étoiles
Et connaît la langue des trous noirs




Souffle

Aux Passagers du Vent, Yann et Olive

Comme le marin
Guette le vent
Et veille au grain
Un œil sur la girouette
Le poète océanique
Navigateur astronomique
Scrute l’inspiration
Grâce à son sextant
Sur sa barque cosmique
Emplie de poulies et d’écoutes

Au souffle des idées
Il hisse les voiles
Se guide aux étoiles
Et vogue dans le verbe
Avec un safran céleste

Suivre en douceur zéphyr ou alizés
Est ce qu’il y a de plus aisé
A l’aide du spi spirituel
Le poème s’écrit calmement

Mais loin des amers
Et quand est démonté l’océan
Cela demande réflexes et réflexion
Entre tangage et roulis menaçants
Dans les immenses vagues et le vent violent
Qui brisent même le navire le plus imposant
En la furieuse tempête
Il faut garder toute sa tête
Pas de peur panique
Arborer d’abord le tourmentin
Et sagement se mettre à l’abri
Pour décider du bon cap
Il s’agit de bien arrondir

Lorsque c’est le calme plat
Place aux doutes et interrogations
Il ne faut jamais baisser les bras
Zen considérer le zénith
Se tourner vers les dauphins
Venus t'accompagner sur le chemin




Arboriculture

Il saisit des idées sacrées
Les extrait de la spirale spirituelle
Puis sème de mots choisis la page
Et étudie la germination
Préalable à la douce poussée
Des racines de la création
De la rhizosphère

Lentement les tiges émergent
Les premières paroles apparaissent
Sous le soleil de l’inspiration
Et la céleste aspersion
Nouvelles inscriptions

Alors le processus de maturation
Et la mystérieuse perlaboration

L’arbre tendrement se déploie
Auquel il faut ôter quelques branches
Avec justesse et délicatesse
Pour qu’il puisse croître en harmonie
Et développer mieux sa force
Ainsi il s’épanouit
Paix réciproque

Etonnant comme ça bourgeonne

Après la floraison spectaculaire
Grâce à quelques généreux engrais
Le temps du mûrissement
Les fruits se gorgent de bon sens
Le poème atteint sa quintessence
Ne pourrira pas

Il roule sur le sol
Et offre alors son amour
Pour qu’on le savoure
Et en goûte le bienfait
Avec frugalité



Oeil Sphère Soleil (© 2001-2008)

Aux chers lectrices et lecteurs

Aux Animaux est un recueil de textes résultant d’une prise de conscience, celle de la violence exercée par la plupart des humains envers les autres animaux, et ce de manière directe ou indirecte. On peut dire qu’ils sont inspirés par le concept essentiel d’ahimsa qui est un terme sanskrit signifiant non-violence envers tout être sensible.

Le concept d’ahimsa, datant au moins de –800 et qui est central dans la religion Jaïne, est quasiment ignoré en Occident et on peut rendre grâce à Gandhi de l’avoir fait connaître au monde.

Il n’y a rien d’anti-humain dans ces textes et on peut louer les humains, entre autre, car ils peuvent choisir la non-violence et œuvrer pour une paix parfaite en faisant preuve de cœur et d’un respect véritable, grâce à une compassion étendue à l’ensemble du vivant. La conséquence logique et inhérente à cette compassion est le végétarisme éthique et ses variantes plus cohérentes que sont le végétalisme et le veganisme.

Il s'agit bien ici d'une mise en lumière poétique sans complaisance de la violence des humains envers les êtres sensibles que sont les autres animaux et l’anthropocentrisme et ses funestes conséquences est donc décrit. Le paradoxe d'une telle description, c'est qu'elle peut heurter l'esprit qui souvent préfère ne pas voir la crudité de la réalité.

Œil Sphère Soleil est un recueil de poésies issues de réflexions sur le cercle.

Certains textes sont en train d'être amendés. D'autres vont être ajoutés.

Ces deux recueils seront prochainement disponibles en version papier. Plus d'informations à venir.

La violence dans son ensemble, y compris celle des humains entre eux, fera l’objet d’un prochain livre plus théorique.


Si vous souhaitez reproduire, diffuser ou citer une partie de ces écrits, j'y serais sensible mais ayez l'amabilité de mentionner l'auteur et de m'en faire part...Merci aussi de me signaler pour information la mise en lien de ce site. Pour me contacter, veuillez bien écrire à : contact

Vos réactions, commentaires, critiques, impressions sont les bienvenus...

Merci d'avoir pris le temps de visiter le site !



ENGLISH VERSION

Sorry not fully available yet, I am in the process of translating the texts.The title of the collections are "In the name of Animals" and "Eye Sphere Sun".
However I was inspired to write four texts directly into English as follows :

Humanity and its vanity

God is there in your dog
In the ant and the elephant
The cat and the caterpillar
The horse or the hog

He is there even in the vulture
In the smallest creature
Whatever its size in nature
Never mind which feature

Man and animal we are all
Sons and daughters of the Sun

But man is cruel and selfish
He eats flesh and fish
And there is so much harm
On his bloody farm

Earth is round and to share
And animals are not silent
But it is man who is deaf

We don’t need beasts to die
And end up as meat in a pie
Their fate is to live and mate
Not to finish on your plate

You could at least spare the red blood
Of those who move free around the world
Since you can’t do without the green sap
Of those who directly draw from the earth

Unless to relieve an unbearable suffering
It is not for man to take life but God



Horror show

Those bears that have to suffer the unbearable
Cruelly hooked by the nose
For the sadists to applause
The most unendurable dance

The elephants’ performance
In fear of the brutal trainer
Of the inhumane circus
Could seem less harsh

But shedding the bull’s blood
Is undoubtedly as barbarous
In spite of all the decorum
In the revolting arena

Same for the hens and dogs
As for the dolphin or tiger
All forced to enter
In the horror circle

The violent man who annoys
Every single animal
When will he understand
That they are not toys ?



Man may be mad

Animals beware
Some men come and lend you a hand
While others try to erase you from the land
One day they give you bread
The next they want you dead

Animals beware
Man may be duplicitous
And can be malicious
Here offering assistance
There inflicting sufferance

Animals beware
Be careful who you trust
Man can be so unjust
Stroking you here
Killing you there

Yes animals beware
Of man and his treachery
Otherwise his betrayals
Will have the end of you



Compassion

Those ducks I love to see them live
While others like to eat their sick liver

Never mind from which valley or river
Be they from the sea or the land
Do they walk swim or slither

From the ant to the elephant
The pig to the pigeon
The mouse to the titmouse
The roach to the cockroach
The snail to the whale
The chimp to the shrimp
The rat to the bat
The cat to the caterpillar
The fly to the butterfly
The dog to the frog
The horse to the hog

Do they have scales shells fur or feathers
I respect and love all animals
Like some acknowledge their sole dog


Remerciements / Thank you

Merci infiniment à tous ceux qui m'ont aidé et encouragé et aux artistes talentueux qui m'ont permis généreusement d'utiliser leurs photos ou graphismes.

Many thanks to everybody that helped and encouraged me and to the gifted artists who generously allowed me to use their photos or graphics.


Kindly contributed (in chronological order) : Linda G. Fisher (American environmental visionary artist), Achermann Urs (Swiss photographer), Carla and Cris Geerdes (German Jain editors), Jacquie Comboroure (French nature photographer), Paul Heussenstamm (American spiritual artist), David Pearce (English advocate of animal rights and veganism), Gaia Orion (French painter), Patricia Waters (American art therapist and artist), Monique Mandali (American mandala artist and transpersonal psychotherapist), Clare Goodwin (American artist and psychotherapist), Christine Jean-Guyader (French art therapist), Marian Osher (American artist : "Unity" © 2008 Marian Osher (used with permission)), Jennifer Star (American artist), Terence James Charnley (English artist), Cory Ench (American artist), Wendy Segal (American painter), Vanisa Chanthapanya (English mandala artist), Isabel Talbot-Imber (Isabel, the Mediterranean painter), Shellie Wilson (Australian Freelance Writer), Wendy Vaughan (American painter), Penelope Smith (American Animal Communication Specialist), Moune Masson (French painter and art therapist), Tatiana Malinko (Ukranian poet and artist), Monique Gysels (Belgian artist), Yang Hua (Chinese painter), Tristan Grellet (French professional reader), Marjorie Martin-Barker (English teacher), Fred Casselman (American artist), Dave Flather (Grandson of Donald M. Flather, Canadian artist), Martha Greenwald (American writer and artist), Chris Wayan (American artist), Tony Crocetta (French animal photographer), Christophe Peyronnet (French wildlife photographer), Gabrielle Sloane (American artist), Christine and Franck Dziubak (French wildlife photographers), René Hoff (French photographer), Giorgio Uccellini (Italian artist), Constance Shields (American artist), Apollo (American environmental artist), Michel Tellia (French wildlife photographer), Guy Junker (American artist), Dominique Delfino (French photographer), Jessa Huebing-Reitinger (American visual artist), Brian Marshall White (American artist), Marnie Tyson (American artist), Céline Arnoux (French artist), Pip McGarry (English wildlife artist), Ken Stroud (English painter and editor), Maike Lieverst (Dutch painter), Mike Beeman (American pastel painter), Edgar Valentine Odendaal (South African artist), Isabel Clark (English painter), Fabrice Cahez (French nature photographer and writer), Vincent Munier (French wildlife & nature photographer), Karen Elizabeth Margulis (American pastel painter), Louis-Marie Préau (French photographer), André Maurer (Swiss nature photographer), Philippe Van Dorsselaer (French nature photographer), Eric Ferry et Bruno Oertel (French nature photographers), Yves Fagniart (Belgian painter), David Greyo (French nature photographer), Kat Rohrbacher (American painter), Elaine Maier (American artist), Didier Cantin (French photographer), Christophe Perelle (French nature and wildlife photographer), Jim Brandenburg (American photographer), Lena Park (American painter), Claude Hoff (French photographer), Hervé Stievenart (Belgian nature photographer), Florent Cardinaux (French nature photographer), Cédric Girard (French nature photographer), Yvon Toupin (French nature photographer), Jérôme Salvi (French nature photographer), Daniel Magnin (French nature photographer), Fabien Bruggmann and Bruno Fouillat (French photographers), Christophe Salin (French nature photographer), Serge Hänzi (Swiss photographer) Emmanuel Boitier (French nature photographer), Olivier Simon (French nature photographer), Gérard Koehl (French photographer), Eduardo Barrento (Portuguese photographer), Angelos Iouannou (Greek painter), Yves Prudhomme (French nature photographer and painter), Fabrice Simon (French nature photographer), Serge Imbott (French nature photographer), Franck Lesueur (French photographer), Ludmilla Espiaube (French photographer), Serge Tollari (French photographer), Stefano Unterthiner (Italian photographer and writer), Christophe Sidamon-Pesson (French nature photographer ), Bertrand Lepagnol (French nature photographer), Audrey Margand (French photographer), Nicolas Van Ingen (French nature photographer), Etienne Compère (French nature photographer), Roland Clerc (Swiss nature photographer), Joël Brunet (French nature photographer), Patrice Aguilar (French nature photographer), Xander Weaver-Scull (American artist), Julia Weaver (American mandala artist), Christian Rey (French photographer), Jacques Tournel (Swiss nature photographer), François Morazé (French nature photographer), Berndt Fisher (German photographer), Rémi Leconte (French nature photographer), Olivier Seydoux (French nature photographer), Michel Coquelle (French nature photographer), Bernard Bischoff (French nature photographer), Philippe Moës (Belgian photographer and writer), Diane Castanet & Olivier Hervieu (French photographers), Joël Héras (French nature photographer), Rémy Courseaux (French nature photographer), Jeff Yonover (American photographer), Walter Barthélemi (Belgian photographer), Joanie Mitchell (American batik painter), Manu (French photographer), Régis Cavignaux (French nature photographer), Maurice Chatelain (French photographer guide and naturalist), David Meïer (French nature photographer), Pierre Génie (French photographer), Alain Labat (French nature photographer), Thomas Sakoulas (Greek Professor of Art), Karen Robinson (American painter), Steve & Sylvie (Swiss travelers), Jean-Pierre Metairie (French photographer), Guillaume Jean (French nature photographer), Hervé Ortegat (French animal photographer), Gandha (French painter and therapist), Alain Pons (French animal photographer), Florian Scultz (German nature & wildlife photographer), Kiki Plumier (Belgian photographer), Fabrice Lebon (French photographer), Philippe Bolle (French wildlife photographer), Philippe Busser (French wildlife photographer), Alberto Martinenghi (Italian photographer), Xavier Coulmier (French nature photographer), Cédric Chassagne (French photographer), Vincent Favre (French photographer), Jean-Baptiste Merillot (French photographer), Olivier Paris (French nature photographer), Patrick Groseil (French artist), Marie-Laure Vareilles (French photographer), Danielle Beck (French animal painter), Anne Hudry (French painter), John Wiseman (Canadian artist), Patricia Pépin (Canadian wildlife painter), Calislahn (English artist), Kavisho (French artist), Eric Médard (French nature photographer), Hans Rack (South African photographer), Bruno Pasquier (French animal photographer), Philippe Lebeaux (French nature photographer), Kin Corning (American nature photographer), Olivier Dangles (French photographer and author), Mark Plonsky (American photographer and professor of psychology), Gérard David (French photographer and traveler), Steve Jones (English photographer and diver), David Hall (American underwater photographer and author), Erwan Balança (French nature photographer), Jérôme Morin (French bird photographer), Michel Bureau (French photographer), Laurent Rouas ( French photographer), Cedric Jacquet (Belgian wildlife photographer), Tanya Bright (Australian photographer), Nicolas Fevre (French photographer) , Pierrick Legobien (French naturalist illustrator), David Henrot (French nature photographer), Yvan barbier (French nature photographer), François Knopf (French animal painter), Jasper Doest (Dutch nature and wildlife photographer), François Eudier (French photographer), Francha Cavitt (American painter), Abi Cushman (American animal painter), Jill Jones (American painter), Rein Hofman (Dutch bird photographer), Georges Rossi ( French animal painter), Eric Wilson (British wildlife artist), Martin Ridley (English wildlife painter), William & Matthew Burrard-Lucas (English photographers), Karin & Pieter (Dutch photographers), Beth Hoselton (Canadian wildlife painter), Eriko Kobayashi (Japanese wildlife painter), Geraldine Simmons (Australian wildlife painter), Muriel Hazan (French nature photographer and botanist), Claude Fortin (Canadian nature photographer) Josep Clotas (Spanish underwater photographer), Dos and Bertie Winkel (Dutch nature photographers), Alexander Mustard (English underwater photographer and marine biologist), Dennis H. Liberson (American underwater photographer), Eric Egéa (French photographer), Linda Cline (American underwater photographer), Pierre-Jean Texier (French nature photographer), Michael Pape (Canadian wildlife artist), David Miller ( English wildlife painter), Michael Poliza (German nature photographer), Bart Breet (Dutch wildlife photographer), Raphaël Landais (French photographer), Julien Boisard (French nature photographer), James Ownby (American wildlife photographer), Mirovinben (French photographer), Henry Ausloos (French nature photographer), Patrick Gallet (French photographer), Fred Leviez (French nature photographer), Alain Eckert (French photographer), Farid Radjouh (French animal photographer), Sergey Gorshkov (Russian wildlife photographer), Jean-François Poudron (French wildlife photographer), Pascal Kobeh (French photographer)

TABLE DES MATIERES

AUX ANIMAUX

Nécro section
Laideur cosmétique
Vie volatile
Le cirque inique
Extrémités
Barbarie en blouse blanche
Sourds aux suppliques
Proph-éthique
Lettre au boucher
Vivre et laisser vivre
Ecailles dans les mailles
Errare Humanum Est
Coups de filets
On ne rit pas à la corrida
Démon gène éthique
Du commersang de mortande
Le pacte pulvérisé
Mal dans leur peau
Pour les morts de beauté
L'ambition dans la peau
Zoo
La vache qui pleure
Chien chat cheval
Sage végétarien
L'homme nuisible
Pardon au parasite
Du veto carne-acier
Champ de vision
Soulevez les paupières
Les suppliciés
L'arbre à carne
Aux piafs et complices
Terreur en terrarium
La route que l'on redoute
Vivre libre entre sol et soleil
Gloire au goret
A mi-chemin
Ces enjoués qui vous mettent en joue
L'homme à la chevalière
Nom d'un chien
Le funeste anthropocentrisme
Planète pénitentiaire
Plumes et prison
Vie suprême
La ville animée
Pleutre
Le poisson chat singe ce cachalot
Libération animale
L'homme cherche sa place
Modèle de cruauté
Vacheries
Aube
En harmonie
Carne acier
Humanity and its vanity
Attention
Caresse
Du rocher au plateau
Sage comme un singe
Rage
Horror show
Man may be mad
Voracité
Compassion
Le choix pacifique
S'en est assez
Trauma
Ils dominent et croient leurs origines plus divines
Liberté et Création
Prisme sphèrique
Inhumanité
Poésie et résistance permanente
Judo mental

OEIL SPHERE SOLEIL

Dyeux du ciel
OO
Corps céleste
Fluide lumière
Sphère de vie
Caresse sacrée
Aérien
Obvie
Danse de feu
Le chemin des fleurs
Art et Astres
Cercle d'or
Ô soleil !
Rayon
Eté
Orbite
Car il y a l'arc
Le non-voyant
Sphère financière
Cirque
Rebond
Cercle mégalithique
Madame Soleil
Sagesse
Moulin
Un mauvais tour
Le tigre et l'éléphant
Tombé du ciel
Les murs se courbent
Concept englobant
Immonde
Les yeux heureux
Le risque sulfureux
Crépuscule
Nomade
Le tribunal animal
Cercles de jeux
Clin d'oeil de lune
Poulie céleste
Elle est surréelle
Verte terre
Lumineuse
Lu dans la lumière
Printemps
Pluie de Lumière
Héliothérapie
Entre ultraviolet et infrarouge
Dents-de-lion
Homme comme fourmi
Platane
Bossa Nova
Rose
Les oiseaux
Les piafs
Femme solaire
Souffle
Arboriculture


Remerciements / thanks
Aux chers lectrices et lecteurs
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