L'écrivain est responsable devant les animaux qui meurent
Gilles Deleuze, L'Abécédaire (1988)
Violence et haine
Vanité humaine
Vaste domaine
Caresse
Sacré
Sagesse
Nécro section
Le bourreau porte une blouse blanche
Et au nom de sa vénérée science
C’est la sainte vie qu’il retranche
En toute bonne conscience
Aveugle au sacrilège
Ces existences qu’il abrège
Il exerce sa puissance
Insensible à la souffrance
Et d’extirper l’animal de la cage
Pour perpétrer son outrage
Sur ces innocents il expérimente
Odieux concepteur d’épouvante
Cependant il invoque le progrès
Pour légitimer son inutile forfait
Un raisonnement bancal
Prétendant au médical
Pourtant dispensateur de mort
Assassin il s’ignore
Torturant froidement
Dans son égarement flagrant
Méconnaissant le sacré
Détruisant l’être
Il se désire vertueux
Mais il les tue eux
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Laideur cosmétique
Elle met du rouge sur ses lèvres
Et l’animal est terrassé de fièvre
Pendant qu’elle se maquille
Lui se recroqueville
Car derrière le masque cosmétique
Pour qu’elle paraisse belle
Se cache une épreuve inique
Ces expériences cruelles
Tests abominables qui mutilent
Pour de minables raisons mercantiles
Inutiles supplices infligés
À ces pauvres bêtes entravées
Êtres injustement stigmatisés
Victimes innocentes abusées
De l’homme despote terrorisant
Cet incarnat : leur sang d’agonisant
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Vie volatile
(épitaphe pour un piaf)
Des moineaux se sont penchés sur son berceau
Des canardeaux l’ont accompagné le long du ruisseau
Des corbeaux l’ont suivi jusqu’au tombeau
C’était un drôle d’oiseau
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Le cirque inique
Mais qu’est ce que c’est que ce cirque
Où sous le prétexte du divertissement
Un homme au fond tyrannique
Impose un numéro de dément
Quel est ce spectacle pathétique
Où officie ce terrifiant dompteur
Qui cache la terrible pique
Qui oblige ces souffre-douleur
Cet authentique sadique
Sous la lumière des projecteurs
Au lieu d’un prodige magique
Prodigue véritablement le malheur
Et il n’y a vraiment rien de comique
À voir des animaux faire les pitres
Par crainte de discrets coups de trique
Empêchant qu’ils récalcitrent
C’est au contraire dramatique
De voir ces innocents impuissants
Soumis à un dresseur maléfique
Pavanant devant eux menaçant
Serait ce donc le cirque diabolique
L’arène du fieffé dominateur
De l’homme violent et colérique
Vaniteux et dictateur
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Extrémités
L’homme fier de s’exhiber pour manger
Se cache tout honteux pour déféquer
De manier baguette et fourchette
Il pense se différencier des autres bêtes
Et de sacrifier celles-ci sans le moindre procès
Pour le plaisir si éphémère de son palais
Des cadavres sanguinolents dans son assiette
Ne troublant sa pensée violente et satisfaite
Mais voilà pourtant que le transit intestinal
Le ravale à son juste rang d’animal
Et de ressembler alors drôlement à son chien
Dans l’humble posture de soulager ses intestins
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Barbarie en blouse blanche
Dans le secret du froid laboratoire
Des opérations à la vie attentatoires
Se déroulent souvent et sans émouvoir
Le technicien à l’insensible savoir
À l’abris des regards
Dans son atelier glacial
Il perpètre sans le moindre égard
Ces crimes contre l’autre animal
À de simples objets les réduisant
Il expérimente égoïste et stoïque
Dramatiquement fier de son entendement
De la raison un vrai fanatique
Et ces actes infectes
En milieu désinfecté
N’affectent sa conscience
Tant il est aveuglé par sa violence
Impassible il suit son protocole
Obsédé par de prétendues connaissances
Sans voir leurs saintes auréoles
Lui manquant la juste clairvoyance
Jusqu’alors caché dans la cité
Lui qui commet de telles atrocités
Il est grand temps de lui faire cesser
Ses brutales et sacrilèges activités
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Sourds aux suppliques
Dominants ils les encagent
Car ils apprécient leur chant
Ne percevant cependant l’outrage
De cet abusif enfermement
Ils prisent en effet leur ramage
Mais les privent de leurs oiselles
Ils aiment leurs beaux plumages
Mais sacrifient leurs jolies ailes
Comprendraient-ils leur langage
Entendraient-ils l’appel dans le chant
Feraient-ils cesser sans ambages
Cet injuste emprisonnement
Mais toujours sourds aux suppliques
Ne discernant ce que leur passion implique
Une détention et un malheur extrême
Ils continuent en vérité de s’aimer eux-mêmes
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Il empoisonne l’air
L’homme pue
Vous ne l’auriez pas cru
Demandez donc à la grue
L’homme véritablement empeste
Interrogez l’animal le plus modeste
Afin qu’il le certifie et l’atteste
Oui l’odeur de l’homme est répugnante
Inspire crainte et épouvante
Demandez donc à l’éléphante
Son effluence infecte inspire l’effroi
Vous fait comme trembler de froid
Demandez donc au renard ou à l’oie
Il dégage un effluve fétide
À vous faire fuir de façon rapide
Demandez donc à ses frères anthropoïdes
Oui ce qu’il exhale est écœurant
Vraiment émétique au demeurant
Demandez donc à la biche et son faon
Et ces relents méphitiques
Qui sentent la mort et sont caustiques
Font craindre une fin apocalyptique
L’homme nauséabond
N’annonce rien de bon
Renchériraient le tigre et le lion
En définitive l’homme est malodorant
L’ironie est qu’il le pense lui-même en se parfumant
Sa propre émanation ne supportant
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Proph - éthique
O homme
Cesse de t’apitoyer sur ton sort
De te croire victime de tous les maux
Pense donc aussi à l’immense tort
Que tu causes aux autres animaux
Ils sont bien tes égaux
Aussi cesse de leur donner la mort
Rabaisse ton immense ego
Devant Dieu vous êtes consorts
Vous êtes pareils de chair et d’os
Semblables et sensibles
De poussière et d’eau
Périssables et putrescibles
Ensembles sur le même radeau
Il est intolérable et incompréhensible
En vertu d’une raison ou d’un credo
De perpétuer tes crimes irrémissibles
Tu te comportes comme un cannibale
À manger ton vieux frère animal
Et si certains d’entre eux d’autres dévorent
Toi au moins tu peux choisir d’être herbivore
Dominer n’implique de supériorité
Mais suppose des devoirs et responsabilités
Clairvoyant tu ravaleras ton orgueil et ta vanité
Ta grandeur sera de protéger et de soigner
Tu t’excuseras auprès des porcs
Tous les bateaux de pêche rentreront au port
Les bouchers se reconvertiront en fleuristes
Les chasseurs en naturalistes
Dès lors tes repas seront frugaux
Mais être juste sera ton réconfort
Adieu steaks et gigots
Pacifique et sage tu seras bien plus fort
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Lettre aux bouchers
Ne croyez pas que le végétarien végète !
Ou qu’il mange les pissenlits par la racine
Ce n’est pas un légume
Il ne reste pas là planté comme un poireau
Au contraire il a la patate
Et s’il n’a pas un radis
Il garde une poire pour la soif
D’avoir eu la cerise
On en prend de la graine
Aussi, il ne veut pas vous raconter de salade
Ni vous la faire à l’oseille
Ni vous carotter
Il vous fait juste part du fruit de sa réflexion
Il y a une pomme de discorde entre vous et lui
Il ne veut pas de votre viande à la noix
Ni chair ni poisson
Eh oui ! Il n’est pas mi-figue mi-raisin
Pour lui les autres animaux ne comptent pas pour des prunes
Et il pense qu’avec vous c’est la fin des haricots
Il ne vous demande pas d’aller vous faire cuire un œuf
Et espère que vous n’en ferez pas un fromage
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Vivre et laisser vivre
Est ce parce que tu n’as pas d’ailes
Que tu es si cruel ?
Toi qui rêves d’être un ange
Pourquoi tuer ce que tu manges ?
Prendrais-tu en effet de la hauteur
Ferais-tu cesser ces horreurs
Toi aussi de là-haut tu es pareil à un cafard
À la merci de Dieu ou du hasard
Tu sais que tous les êtres fuient la violence et la mort
Qui es-tu pour ainsi l’infliger encore ?
Tu peux choisir l’universel amour
Dieu ne veut pas de bouc émissaire
C’est la vie qu’il faut qu’on vénère
Aussi il n’est point requis de sacrifice
Mais de faire œuvre salvatrice
Nous sommes tous les enfants du soleil
Les éléphants comme les abeilles
Les hommes comme les pince-oreilles
Devant la vie qui donc ne s’émerveille ?
![]() |
Écailles dans les mailles (Selfish)
Pêcheur n’entends-tu pas les pleurs des poissons
N’entends-tu pas ces hurlements des profondeurs
Immense souffrance dont tu ne perçois le son
Et ainsi tu les crois insensibles à la douleur
Les flots sont pourtant pleins de soupirs et de sanglots
Leurs chaudes larmes sont diluées dans l’eau
Et tu ne vois pas leur chagrin noyé dans les vagues
Aveugle à leur grand tourment tu divagues
Toi tu te penses tranquille
Aux aguets calme et silencieux
En vérité tes actes sont vils
Ôter ainsi la vie est odieux
Oui quand tu lances ta ligne
Tu te montres vraiment indigne
Car à l’autre bout quand ça mord
Cela annonce d’abord et surtout la mort
Voilà ton futile et funeste plaisir
De leurs simples existences se saisir
Tendre un triste piège et attendre
Qu’un naïf ou inattentif se fasse prendre
Et puis tu les vois qui se tortillent et agonisent
Une vétille car en vérité tu les méprises
À tes yeux leurs soubresauts symbolisent ta grande adresse
Aussi pas un instant n’as-tu ressenti leur terrible détresse
L’ironie dramatique c’est que tu te dis comme un poisson dans l’eau
Quand tu parles de ton égoïste bonheur
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Errare Humanum Est
Ils brandissent leurs croix
Pensant faire fuir Satan
Comme ils brandissaient leurs épées
Qui ont fait couler tant de sang
Paradoxalement en Dieu ils croient
Sans pour autant exiger l’universelle paix
Et tandis qu’ils implorent le Seigneur
Ils se comportent en saigneurs
Se jugeant arrogamment à Son image
Se réclamant vaniteusement de Son fils
Ils perpétuent néanmoins les sacrifices
S’estimant supérieurs et sages
Ils parlent de foi et de piété
Mais réservent aux seuls hommes leur pitié
Ignorant les autres animaux qui souffrent
Dont la sensibilité est reléguée dans un grand gouffre
Ces égocentriques orgueilleux égorgent
Alors que la nature de bienfaits regorge
Et ce sont les agneaux si doux qui pâtissent
De ceux qui se disent brebis mais ne compatissent
Eux qui fièrement professent l’amour
Mais confessent que certains autres finissent au four
Et au lieu d’abolir toutes violences et actes cruels
Ils stigmatisent l’innocence et la simplicité naturelle
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Coups de filets
Comme on balaye des feuilles mortes
Ils ratissent les fonds
Et tous les poissons emportent
Leur avidité atteignant le tréfonds
Leur gigantesque chalut pélagique
Rafle tout dans les abîmes
En un piège absolu et tragique
Comme des milliers d’hameçons qui déciment
Leur appât du gain est en effet effroyable
Et l’idéologie non moins abominable
Qui néglige les êtres à nageoires
Considérant leurs vies comme dérisoires
Embarquant des bancs entiers
Sans distinction ni aucune pitié
Ils les font prisonniers des mailles
Du funeste filet où se briseront leurs écailles
Du dauphin ou du requin à la sardine
Pêle-mêle tous ils les assassinent
Et les jettent à la pelle dans des bacs
Pour qu’ils finissent surgelés dans des sacs
Ce bateau tueur est l’éphémère tombeau
L’usine infernale du génocide
De ce peuple des mers que l’on trucide
Faisant de leurs corps de tristes lambeaux
Que ne s’émerveillent-ils pas de ce qu’ils nagent
Au lieu de commettre ces carnages
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On ne rit pas à la corrida
Point d’art dans l’arène
Mais le règne de la haine
Et de la vanité humaine
Non il n’y a pas de beauté
À ce spectacle de la cruauté
Et à voir la vie futilement ôtée
Et le torero a tort
De donner la mort
Et de se croire un héros
Son illusion de maestria
N’est rien qu’un lâche assassinat
Issue d’un simulacre de combat
C’est la barbarie en scène
Ces coups déloyaux qu’il assène
Le crime d’une volonté malsaine
Et cette futile et funeste férocité
Qui ne manifeste que morbidité
Est une terrible expression de perversité
Ainsi il flatte bassement l’orgueil
De ces hommes égarés dont il trompe l’œil
Tandis que ces animaux il endeuille
Il parade alors se pavanant
Dans son costume éclatant et clinquant
Qui tente de masquer ses actes obscurs et affligeants
Triste truisme
Que de dénoncer cette tuerie rituelle et ce vil voyeurisme
Comme un atroce anthropocentrisme
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Démon gène éthique
L’homme qui hiérarchise
Agençant à son avantage les valeurs
Se jugeant sans partage supérieur
Lui-même se divinise
L’homme qui aujourd’hui a sur le vivant la mainmise
S’octroyant largement tous les droits
Se croyant le plus intelligent et le plus adroit
Prenez garde à ce que maintenant il s’autorise
L’homme sans gêne
Possible dispensateur d’horreur
Manipule désormais les gènes
Sans scrupule ni honneur
Et des chercheurs créent des animaux obèses
De pauvres bêtes pouvant à peine se déplacer
Mais dont eux tireront profit de ce qu’elles pèsent
Et trouveront vos protestations et votre peine déplacés
Ils vous feront même une rigoureuse démonstration
Clamant que ces monstres ne sont pas une abomination
Que la science est grandiose
Que le progrès de toute façon l’impose
Pourtant ce sont de basses vues avides
Qui engendrent ces cochons non-voyants
Ces poulets sans plume et autres projets délirants
De la folie mercantile de l’homme cupide
Les autres animaux au fond ils les méprisent
Les considérant comme objets ou marchandises
Et ce qu’ils leurs font avec force maîtrise
À eux-mêmes bien sûr ils se l’interdisent
L’eugénisme n’est en effet pas encore de mise
Par peur peut-être d’une spirale infernale
Ou pour des raisons religieuses ou doctrinales
Par crainte de faire une grosse bêtise
Car des erreurs ont déjà été commises
Vaches folles et autres moutons aphteux
Ont révélé au grand jour leurs actes affreux
Montrant que d’aller contre-nature engendre des crises
L’homme qui profondément s’aime lui-même
Le narcissisme sans limite de son espèce
Faisant que les autres il tue manie ou dépèce
Ferait bien de se méfier de ce qu’il répand et sème
![]() |
Du commersang de mortande
Quand je passe devant une boucherie
Je vois rouge
Et ma bouche est triste
Devant cette boutique macabre
Regorgeant de corps égorgés et de cadavres
Aboutissement de l’impitoyable tuerie
J'ai alors un regard noir face à ce commerçant
Et son tablier blanc tout recouvert de sang
Qui au milieu de ces carcasses
Proclame que rien ne le tracasse
La jovialité affichée sur son visage
Tentant de faire oublier l’usine d’équarrissage
Et les cris des lointains et terribles abattoirs
Ces endroits concentrationnaires et sacrificatoires
Ne parviennent nullement aux oreilles de ces citadins
Qui pensent que d’acheter de la viande est anodin
Et le boucher donc d’aiguiser la lame
Qui déguise l’éloigné et invisible drame
Sa trompeuse bonne humeur de carnaval
Dissimulant le fait qu’il dépèce un animal
Il s’applique à faire de soi-disant belles tranches
À occulter ces flancs ces jambes et autres hanches
Habillant feu les bêtes pour pouvoir les présenter sur l’étal
Et d’éviter que le client ne s’horrifie et ne détale
Et celui-ci d’oublier la barbarie intrinsèque à la barbaque
La viande étant paradoxalement désincarnée
Et l’autre de vendre ce qui fut autrefois plein de vie et animé
Voilà donc son œuvre à ce costaud et son long couteau
Qui pourtant tout rougeaud et pas maigrichon
Ressemble lui-même étrangement à un cochon
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Le pacte pulvérisé
Je t’ai donné de mon lait
Pour que tu m’aides
Et me protèges des fauves
Je t’ai donné quelques œufs
Pour que tu me défendes
Et me protèges du renard
Je t’ai donné de ma laine
Pour que tu me soutiennes
Et me protèges du loup
Je t’ai donné un peu de mon miel
Pour que tu me secours
Et me protèges de l’ours
Mais aujourd’hui qu’as-tu fait du Don
Que signifie cette impitoyable exploitation
Reniement ingrat terrible abandon
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Mal dans leur peau
L’homme peau de vache
Veut les animaux à ses pieds
Et leur marche littéralement dessus
En les écrasant de ses chaussures de vil
Il les tanne et il les tue
Voyez comme il est vêtu
De leur douce peau
Ce dur à cuir
Pour beaucoup cela ne traverse pas leur esprit
Qu’on a pris la vie
Pour tel article de maroquinerie
Ou tel autre d’une peausserie
D’aucun serait pourtant rapidement persuadé
De l’horreur d’une veste en suédé
En voyant un beau daim dépouillé
Et sa fourrure rouge de sang souillée
Hélas certain faiseur de chagrin
Coriace au cœur endurci
Et au portefeuille en alligator
Verserait lui des larmes de crocodiles
Alors empêchons-le de réaliser ses habits de dermes corroyés
Provenant d’animaux exploités ou guerroyés
Mettons un terme à la production de ce matériau archaïque
Et tant pis pour lui le cordonnier et toute la clique
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Pour les morts de beauté
Qu’il est couillon
Ce tueur de papillons
Ce chasseur de pureté
Qui méconnaît sa dureté
Qui aime leur beauté
Mais sème la cruauté
Qui adore leurs couleurs
Mais ignore leurs douleurs
Comme ses actes sont atrocement laids
Quand il les traque de son funeste filet
Leur capture paressant pourtant ludique
En raison de leur nature fantastique
Mais qu’ils vivent et virevoltent ne lui importe
Morts et intacts il faut qu’il les rapporte
Pour son affligeant tableau de chasse
Où il épingle leurs corps chatoyants
Dans ce tombeau éclatant mais dégueulasse
Un spectacle réellement triste et apitoyant
Sa collection de cadavres
Véritablement vous navre
Et tandis qu’il vous parle de rares spécimens
Vous n’entendez qu’une espèce de haine
Un homme infecte avec les insectes
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L’ambition dans la peau
Elle que sa pilosité horripile
Elle qui ne conçoit que l’on ne s’épile
Qui ne supporte sa propre nature
Qui maquille ses rides et sa flétrissure
La voilà dans ce long manteau de fourrure
Se pavanant avec force désinvolture
On lui a dit que c’était cela l’élégance
Que c’était là un symbole de puissance
Que de s’envelopper de poils de bêtes
Donne du poids à ce que vous êtes
Oui elle si piteuse en coulisse
Serait valorisée par une telle pelisse
Et de parader alors en publique
Drapé de ce doux pelage horrifique
Que son rêve d’être une reine de beauté
Génère violence et cruauté
Que ses habits impliquent la mort
Importe redoutablement peu à ses yeux
Elle veut au final faire des envieux
Et s’en fiche formidablement d’avoir tort
Elle veut vivre sous les dorures
Et se moque que d’autres l’on torture
Elle est prête à la moindre bassesse
Pour ressembler à une princesse
Et afin de se donner un air d’assurance
Elle les fait sacrifier aux apparences
Aspirant ainsi à tous les honneurs
Au mépris de toutes ces horreurs
Un monstre d’égoïsme et d’orgueil
Vous ne lui verrez donc pas de larme à l’œil
À l’évocation de la souffrance animale
Et cette terrible indifférence leur est fatale
Sa morgue ayant de funestes conséquences
Ils sont les victimes de sa grandiloquence
De cette mode qui influence sa médiocrité
Ces stéréotypes dont se nourrit son avidité
Aveugle au tourment de ces êtres sensibles
La pitié pour eux lui est incompréhensible
Elle porte de grandes lunettes noires
Cachant mal son âme hideuse
Car tout au fond elle est honteuse
D’où ce dur dédain ostentatoire
| 01/05/2004 | ![]() |
Zoo
Quel spectacle tragique
Que cette prison zoologique
Ce petit jardin pénitencier
Rempli d’innocents prisonniers
Dont le seul crime serait d’exister
Et d’exciter l’humaine curiosité
Les visites sont donc autorisées
Sinon ils mourraient de solitude et d’ennui
Et les enfants surtout de venir les admirer
Dans ce qu’on nomme aussi ménagerie
Mais des animaux derrière des barreaux
Devant toujours se tenir à carreaux
Des bêtes au fond de fosses
Ne peuvent mener qu’une vie fausse
Et personne ne leur a dit aux enfants
Que si celui-ci tourne en rond
C’est qu’il frise la folie
Que si cet autre rigolo hoche la tête
C’est que la démence le guette
Que si celui-là reste prostré
C’est qu’il rêve de son indépendance passée
Que cet autre qui se gratte jusqu’au sang
Est un grand allergique à l’enfermement
Que celui-là qui a l’air si gris et si terne
A perdu ses couleurs depuis qu’on l’interne
Finalement ils visitent un asile animalier
D’êtres sensibles par certains humains aliénés
La plupart profondément dépressifs et stressés
Ne pensant tous qu’à recouvrer leur liberté
Et les geôliers eux se targuent que leurs captifs ont procréé
Une exception qu’ils se hâtent de médiatiser
Comme pour prouver que leurs détenus ne sont pas malheureux
Tentant de justifier l’existence de ces lieux ignominieux
En outre, ils arguent qu’ils sauvent et préservent des espèces
Alors même qu’ils pillent la nature sans qu’il n’y paraisse
Comme si une rare naissance pouvait perpétuer le règne
D’animaux autonomes qui ne tolèrent qu’on les contraigne
Ils disent aussi remplir une mission pédagogique
N’en percevant eux-mêmes la dimension idéologique
Que les animaux seraient à notre entière disposition
En vertu de notre totale domination
Un fait terrible dans ces circonstances affligeantes
C’est que ces gardiens sont nécessaires
Autrement le public leur ferait les pires misères
Profitant lâchement de leurs situations impuissantes
Ah au lieu de faire un spectacle artificiel de leur différence
Nous devrions au contraire leur témoigner de la déférence
![]() |
La vache qui pleure
Détaches toi de ton ours en peluche
Les animaux ne sont pas ces nunuches
Caricaturés dans ces cartoons colorés
Très rigolos mais désincarnés
Non eux ils sont autonomes et bien animés
Au contraire de ces dessins qui défilent
Véhiculant habilement leur idéologie
De façon ludique et subtile
Et s’ils en font des personnages comiques
C’est aussi pour mieux occulter leur destin dramatique
Et l’usage abject que l’on fait de leur être
Ils terminent dans les intestins ou par l’urètre
Petit pourtant tu leur as porté naturellement de l’affection
Mais ensuite tu as appris à les déconsidérer
Ils sont les victimes de ton éducation
Et dans ton estime ils se sont effondrés
Ils les destinent à ta manducation
Une fin inutile qu’ils légitiment par leur domination
Les bêtes depuis longtemps n‘ont plus envie de rire
Ces hommes leur font connaître le pire
Ils les avalent ou les violent
Et les ravalent aussi à des symboles
Car non content de les tuer et d’en tirer profit
Les marchandant comme des êtres sans vie
Les réduisant à des choses à disposition
De simples objets dont on aurait une envie
Ils parachèvent par leurs représentations leur spoliation
Et les animaux déjà abondamment abusés
D’avoir leur image amplement exploitée
Leur immatérialité étant ainsi accentuée dans les esprits
Où ils apparaissent complètement dénaturés
D’aucun en oublierait qu’ils sont quotidiennement torturés
Et ces perfides bélîtres
De les faire passer pour des pitres
D’afficher leur douceur et gentillesse
Pour profiter du cœur et de la prétendue faiblesse
De ceux qui leur témoignent de la tendresse
Dénigrée comme sensiblerie
Ou de montrer leurs crocs et musculature
Escomptant vendre telle marque de voiture
Ou comme ces escrocs ces manteaux de fourrure
Et de parler de faire rugir le moteur
Et de spéculer sur la griffe
Pour pouvoir appliquer un fort tarif
Les animaux n’étant plus que des faire-valoir
Qui sitôt usés ou inutiles seront envoyés à l’abattoir
Comme si leur vie n’avait pas de valeur
Certains survivent dans le vocabulaire
Comme ces chevaux devenus vapeurs
Ces puces électroniques de la nouvelle ère
Mais plus que la souris de l’ordinateur
C’est leur liberté et leur destin qui est entre nos mains
Et à moins d’agir vite leur fin est pour demain
Mais eux fascinés par leurs formes parfaites
Méprisent leur vie c’est un terrible fait
Et ils immortalisent leur beauté dans telle statuette
Figeant leur existence en une figure muette
Mais un jour ils regretteront les carnages et de les avoir exterminés
Même si leur souvenir perdurera dans ces reportages animaliers
Et ils diront :
Ah au lieu de consacrer leur différence
On les a massacrés dans l’indifférence
![]() |
Terribles contradictions
Chien chat cheval
Voilà les trois favoris que tu chéris
Qui représentent pour toi le monde animal
Les autres bêtes n’étant bonnes que pour la boucherie
Mais pourquoi donc cet amour exclusif
N’est-ce pas considérablement abusif
D’un coté ceux que tu câlines ou cajoles
De l’autre ceux que tu encages ou immoles
Une telle discrimination est un crime
Qui permet que par milliard on les décime
Mais où diable est donc la différence
Entre celui que tu adores
Et celui dont tu ignores la souffrance
Au nom de quoi certains devront mourir
Et d’autres vivrent sans trop avoir à subir
Certes le chien t’obéi te flatte
Et tu t’enorgueillis d’avoir un chat
Un félin dans ta maison
Qui lui aussi habilement te flagorne
Ainsi donc ils t’ont amadoué
Et tu es fier de dominer le cheval
Ta vanité les aurait ainsi considérés
D’être caressé dans le sens du poil
Et puis tu peux leur témoigner de la tendresse
Ils te réconfortent dans tes accès de faiblesse
Mais tu ne les aimes pas toujours pour eux-mêmes
Il y a souvent une question d'intérêt
Tu les utilises pour exprimer tes affects
Autrement avec eux aussi tu serais infect
Et ils subiraient tes incroyables contradictions
Comme celles de monter l’étalon le matin
Et de manger du cheval le soir
D’admirer son poisson rouge dans le bocal
Et d’aller pêcher ensuite à l’étang local
De partir avec son chien se balader
Tout en portant une fourrure de canidé
De donner généreusement du pain aux cannes et à leurs canetons
De cette même mie où l’on trouvait plus tôt du pâté de canard
![]() |
Sage végétarien
Ils dominent et déraisonnent
Assassinent puis assaisonnent
On peut vivre sans faire couler le sang
On n’a pas à les faire mourir
Pour sainement se nourrir
Alors épargnons ces innocents
Et finissons en avec les tortures
Occasionnées par notre nourriture
Refusons ces aliments de la cruauté
Choisissons les fruits, légumes et crudités
Arrêtons de les faire cuire et d’en faire du cuir
Leur destin n’est pas de finir dans nos intestins
Mais de vivre libre comme les humains
Il n’y a plus lieu de faire la guerre à l’animal
Comme il était vital de le faire naguère
Désormais on se doit de les protéger
Exister sans tuer
C’est ce à quoi il faut s’évertuer
Les animaux sont nos frères
Et ils ont déjà par trop souffert
Pour eux devenez végétarien
Voilà qui sera sage et bien
![]() |
L’homme nuisible
J’ai honte de l’espèce humaine
Quand au sein de la paisible forêt
Un bruit terrible retentit
Le diabolique boucan des carabines
Signal avant-coureur d’hémoglobine
Vient d’abasourdir les esprits
Et les animaux de fuir les fusils
Ils détalent devant l’homme violent et brutal
De la Mère Nature le vandale
Qui va chassant
Cherchant du sang
Il ne s’agit pas d’exercer sa seule adresse
Sinon il irait au stand de tir de la kermesse
Non il faut qu’il inspire la peur
Que le cœur palpite
Et eux de sentir l’horreur
Et de décamper avant qu’il ne les décapite
Surtout il lui faut ressentir qu’il est le plus rusé
Et de pouvoir ainsi flatter son ego désabusé
Car c’est encore une histoire de vanité
Que son activité emplie d’inanité
La cynégétique étant anachronique
Sa nécessité devenue archaïque
Aussi lorsqu’il vise ces pauvres bêtes
On peut certifier que sa bêtise est parfaite
Oui il n’a pas inventé la poudre
Mais il s’entête à l’utiliser avec violence
Dispenser comme de la foudre
Lui donne une impression de puissance
Lui qui se contente de bouger un petit doigt
Avec force fierté comme il se doit
Un lâche qui appuie sur une gâchette
Voilà peut-être comment définir ce quidam
Ôtez-lui le fusil et vous verrez la lopette
Sans arme c’est comme s’il n’avait plus d’âme
En fait il considère les animaux comme des jouets
Et jouit de les voir obéir à son fouet
Et de les faire périr pour son délétère divertissement
Se délectant de leur mort tout simplement
Complètement insensible à leur sort
Ce ne sont que des cibles vivantes
Il vous ressasse que c’est un sport
Ces sanglantes parties de chasse dont il se vante
Et de rêver à des régions giboyeuses
Perspectives à ses yeux de tueries joyeuses
Le nombres de bêtes qui seront abattues
Symbolisant la réussite de l’ignoble battue
Remarquez qu’ils ont le même droit que nous de vivre libre
Il rétorquera que vous avez lu ça dans les livres
Et de vous renvoyer à votre littérature
S’arrogeant arrogant la propriété de la nature
Pourtant on n’a pas à les mettre en danger
Ni besoin de les manger
Prendre soin et protéger
Voilà l’héroïsme à propager
Or le chasseur ignorant
Cette espèce de dévouement
N’est pas de cet avis
En proie à ses pulsions meurtrières
La folie nichée sous les paupières
Il préfère détruire la vie
![]() |
Pardon au parasite
Pardon au parasite
Qui a du périr
Car il persista à m’assaillir
Insistant lourdement
Ne cessant de me harceler
Me poursuivant pour me piquer
Tel un fanatique
Obsédé par mon sang
Il m’obligea à le faire mourir
Ne pouvant éviter son avidité
Ni fuir devant son désir
Ah si j’avais pu le dissuader
Ou le faire se détourner
Il se serait simplement en allé
Mais il fallut qu’il s’entête
Me tournant inlassablement autour
Ne pensant qu’à planter son aiguillon
Puisse-t-il n’avoir pas souffert
De sa mort instantanée
![]() |
Du veto carne-acier
Voyez le vétérinaire carnivore
Il les soigne puis les dévore
Oui c’est incroyable mais il les mange
Sans que cela ne le dérange
De les guérir puis de les faire périr
Un jour il les traite et les soulage
Le lendemain ils partent à l’abattage
Ce traître et complice de l‘éleveur
Les envoie au supplice et vers l’horreur
Et cela en toute bonne et terrible conscience
Tellement il est insensible à leur souffrance
Aveuglé par le maniement de la chair
Obnubilé par sa chère science
Il vénère froidement l’intelligence
Et les considère tout comme du minerai de fer
Remarquez qu’il est au comble de la contradiction
Il rétorquera que les bêtes se mangent bien entre elles
Que nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire
Sans percevoir dans sa pensée de haine élémentaire
Ainsi lui qui se différencie habituellement des animaux
Répétant à l’envie qu’on est quand même pas des bêtes
Se compare-t-il opportunément à leur être
Lorsqu’il s’agit de manger leurs muscles et leurs boyaux
Pourtant une de nos particularités est de pouvoir choisir
De ne pas les tuer pour nous nourrir
Et c’est donc délibérément qu’il digère
Ceux qui auraient pu être ses sœurs ou ses frères
Quelle dichotomie dans son cœur
De poils ou de plumes ils sont nos cousins
Dignes de notre compassion et de nos pleurs
Méritant un médecin mais pas un assassin
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Champ de vision
Quel paysage d’harmonie !
Ils paissent en paix
Sages dans la prairie
Inspirant le respect
Ils prélèvent ainsi leur pâture
En symbiose avec la nature
Sans aucune violence
Dans le calme et un doux silence
Ils ont l’air tellement tranquille
Dégageant une étrange sérénité
Loin de l’effroyable ville
Et des hommes surexcités
Ils sont pleins de grâce
Des oiseaux leur volant sur le dos
À brouter l’herbe la plus grasse
Tout en évitant les escargots
Pourtant malgré cette vision de plénitude
En vérité ils sont très tristes
C’est une amère certitude
Ceints de l’enclos spéciste
Car ce pré n’est pas un purgatoire
Mais l’antichambre de l’abattoir
Cela aurait pu être le paradis
Mais certains humains ne l’ont pas compris
![]() |
Soulevez les paupières
Regardez les bien dans les yeux
Vous y verrez la lumière de Dieu
Il y est manifeste qu’ils ont une âme
Mais certains humains l’ignorent voilà le drame
Aveuglés par l’or et la vanité
Soucieux de la seule humanité
Ils leur refusent la liberté
Et le droit divin d’exister
Ils ne sont vraiment pas clairvoyants
À mépriser les bêtes à l’œil flamboyant
Elles aussi ont reçu le don de la vue
Et voient bien ces abominables bévues
Mais leur regard beau et bouleversant
N’empêchent ces hommes de verser leur sang
Et ceux-ci de ne percevoir de déshonneur
À engendrer toutes ces visions d’horreur
Par malheur obsédés par leur être et leur propre image
Ils n’envisagent même pas de tenter d’être sage
![]() |
Les suppliciés
Il y a des figures de coqs en haut de leurs églises
Serait-ce donc cet oiseau qu’ils divinisent ?
Non à visiter leurs fermes on saisit la méprise
Là ils les enferment et martyrisent
Et on ne peut pas dire qu’ils font dans le détail
Pour s’occuper de ce qu’ils nomment bétail
Le paysan étant devenu un effroyable gestionnaire
Pratiquant l’ignoble élevage concentrationnaire
Il applique la désuète théorie des animaux-machines
Ignorant les âmes des bêtes qu’il élève puis assassine
Celles-ci n’étant considérées que comme des productrices de chair
Payant donc cette détestable idéologie horriblement chères
Feriez-vous un tour dans ces sombres hangars
Et vous les verriez sur du béton derrière des barres
Entravés et dans l’incapacité de se mouvoir
Brisés stressés au comble du désespoir
En ce lieu carcéral il n’y a pas de lumière
Excepté la lampe du gardien et tortionnaire
Qui vient contrôler l’atmosphère pénitentiaire
Où l’ombre terrifiante plane du lointain actionnaire
Il vérifie que tous les détenus engraissent
Ils doivent vite prendre du poids car le temps presse
Peu lui importe qu’on allaite entre des barreaux
Ou que d’autres oppressés restent sur le carreau
Ils sont en effet si compressés que certains défaillent
L’environnement étant putride et suffocant
Il n’y a pas le moindre brin d’air ou de paille
Pour respirer et reposer sur son flanc
Tout est mené d’une main de fer
Pour pouvoir rapporter de l’argent
Ils se moquent de ce qu’ils souffrent ou ont souffert
Ils sont durs et leurs actes affligeants
C’est ainsi qu’ils les méprisent et brutalisent
Leur imposant leur inconsciente barbarie
Infligeant leur rage et leur abominable bêtise
Les faisant survivre avant abattage en batterie
![]() |
L’arbre à carne
Au carnaval des carnivores
Les barbares qui s’ignorent
Autour du barbecue se réunissent
Ils y engloutissent et dévorent
Mille morceaux de barbaque
Et des tonnes de saucisses
C’est véritablement orgiaque
Toute cette viande en surabondance
Et ainsi ils font bombance
Partageant ces myriades de grillades
Dans une grosse rigolade
Mais si pour les hommes c’est gargantuesque
Pour les animaux c’est tout à fait dantesque
Car pour ceux qui finissent carbonisés
Après avoir été d’abord stigmatisés
C’est carrément moche
Ce banquet de la bidoche
Et c’est vrai que c’est atrocement laid
De se faire tuer pour satisfaire le goût d’un palais
Mais eux ça n’a même pas effleuré leurs pensées
Ils ne se sont pas un instant souciés de leur sort
Ils ignorent ou ont oublié la violence et la mort
À l’origine de la chair qu’ils ont consommée
Car ce sont d’autres qui se chargent d’assassiner
Et ils pourraient ainsi croire que la carne pousse sur les arbres
Tellement ils n’ont pas conscience de manger de cadavres
Quel terrible et funeste destin
Que de mourir pour leurs festins
![]() |
Aux piafs et complices
Merci aux oiseaux libres
De rester en ville
En milieu hostile
Grâce à eux l’air vibre
De chants harmonieux
Les aurores sont sonores
Et les crépuscules mélodieux
Il y a comme une joyeuse fête
Par-dessus les toits et nos têtes
Et ils animent bien les cieux
De leurs vols légers et gracieux
Les rares arbres bruissent
Où leurs nids sont abrités
Et les feuillages frémissent
De leur frénétique activité
On les voit aussi trotter sur les gouttières
Et danser adroitement sur les fils
Et là où travaille la grainetière
Bien sûr leur ombre se profile
À la bonne saison
On entend des roucoulements
C’est qu’on fait la cour ardemment
Sur les branches et dans les buissons
Tellement ils piaillent et ils piaulent
Que l’homme qui baille dans sa piaule
Qui voudrait se croire seul au monde
Est forcé de les écouter quelques secondes
Et comme ils s’égosillent
Son égoïsme vacille
En prend un coup dans l’aile
![]() |
Terreur en terrarium
Cet homme fier et despotique
Acquiert une bête exotique
Il pense par-là qu’il sera plus épanoui
Avec un nouvel animal de compagnie
L’esclavagiste animalier
Le lui a garanti à l’animalerie
Un iguane ça va épater la galerie
Et méduser le voisin de palier
Des besoins d’un saurien
Ce qui lui est idoine, d’où il vient
Vraiment il n’en sait rien
Mais le défit lui convient
Et peu lui importe qu’on pille la nature
Pour satisfaire sa soif de démesure
Il reconstituera le milieu naturel
Dans sa prison au décor artificiel
Ainsi maître et possesseur
Tel un petit dictateur
Il fera survivre entre quatre murs
Cette rare et magnifique créature
Certes il ira parfois le balader
Le but étant de fièrement l’exhiber
Mais imaginez un peu la détresse
Ce reptile au bout d’une laisse
Finalement il se trouvera fort incommodé
Lorsque la mode sera retombé
Il éprouvera alors comme du dégoût
Et on retrouvera son compagnon dans les égouts
![]() |
La route que l’on redoute
Ô comme il en coûte
Au hérisson ou au moucheron
De traverser la route
Là l’homme sévit éprit de vitesse
Et les écrabouillent ou les blessent
Sans même sentir de collision
Il écrase tout sur son passage
Et eux victimes de ses renversantes voitures
Leurs ailes se brisent sur les pare-brise
Leurs corps se disloquent sur les pare-chocs
Ils se font broyer par les roues de ces bolides
On retrouve des boyaux dans les caniveaux
C’est heureux s’ils en réchappent invalides
Et de hérisser ses piquants n’y fait rien
Face aux mastodontes ils sont lilliputiens
L’escargot lui a beau rentrer dans sa coquille
L’automobile circule et le bousille
Et personne ne pleure leur mort brutale
On n’en parle même pas comme d’un accident
C’est considéré comme inévitable et normal
Ils restent donc impassibles et de glace
Et râlent simplement de devoir acheter du lave-glace
L’homme passe et ils trépassent
![]() |
Vivre libre entre sol et soleil
« Les animaux ne demandent pas qu'on les aime, ils exigent
qu'on leur fiche la paix. » (Théodore Monod)
Certains humains sont vils
Les autres animaux en péril
Qu’ils restent donc en ville
Et laissent la nature tranquille
Comme nous ils ont la liberté de se mouvoir
Et cette similarité devrait nous émouvoir
Eux aussi sont l’œuvre de Dieu
Et c’est un sacrilège de dévaster leur milieu
Ils ont droit à un vaste territoire
Et le leur préserver serait méritoire
Qu’on arrête alors d’abattre les forêts
Les poumons verts de la terre
Et l’habitat de nombre de nos frères
Qu’on abandonne ces pâturages
Où coule le long fleuve de sang
Qui vient du lieu de notre rage
Là où l’on équarrit ces innocents
Qu’on cesse d’envahir leur espace
De s’approprier égoïstement toute la place
Assez de ces cages et saccages
De cette pollution et de ces pillages
Hélas certains sont en voie d’extinction
Beaucoup ont déjà connu leur dernière heure
La plupart malheureusement ils se meurent
Alors limitons notre envahissante expansion
Cantonnons-nous peut-être dans nos zones urbaines
Où l’on pourrait circonscrire violence et haine
Construisons des gratte-ciel ou de grandes galeries
Mais de grâce n’allons plus empiéter sur leur lieu de vie
Il est grand temps que l’on partage
Cette terre où il s’agit dorénavant d’être vraiment sage
Et ceux qui commencent à s’intéresser aux écosystèmes
Parce que maintenant ils se sentent eux aussi menacés
Ils devraient méditer que ce danger ne serait peut-être pas arrivé
Si l’homme n’avait pas pensé qu’à lui-même
On ne choisit pas sa famille
Comme on ne choisit pas son sexe, sa race ou son espèce
En bref on ne choisit pas son origine
Et on ne choisit pas non plus son destin
Mais le destin des animaux est entre nos mains
Ici et maintenant non pas demain
![]() |
Gloire au goret
Ô ! cochon
Quelle misère...
Comme ils te méprisent
Toi leur ultime bouc émissaire
Ils te font vivre un véritable enfer
Ils te font endurer le pire
Jusqu’à ce que tu expires
En te faisant grandir entre quatre fers
Dans leur élevage concentrationnaire
Lieu de ton engraissage cruel
Et de ta torture perpétuelle
Et ce cauchemar qu’ils te font incarner
Cette barbarie effroyable et extrême
Cela ressemble fort à la solution finale
Appliquée au monde animal
Ils t’abhorrent par tous les pores
Tu représentes ce qu’ils exècrent
Comme la morve ou les excréments
Et ainsi ils te nomment porc
Te faisant symboliser la bassesse
De te ridiculiser ils n’ont de cesse
N’espère pas qu’ils s’apitoient
Tu n’es que jambon
Pour ces gens mauvais
Et tout est bon en toi
Quand il s’agit de te manger
Pour ta chair ils pourront même te louanger
Ils s’imaginent être des anges
Et se moquent de toi dans la fange
Eux si fiers de se tenir debout
Ils découvrent en thérapie
Les vertus des bains de boue
Leur folie au fond bien tapie
![]() |
À mi - chemin
Ces éleveurs sont aveugles
Obnubilés par leur vanité
Devant leurs bêtes qui beuglent
Ils ne s’aperçoivent de leur divinité
Ils leur témoignent beaucoup d’affection
En vertu de leur grande proximité
Ils ont même presque des affinités
Mais sont responsables de leurs afflictions
Leur cœur a d’étranges ramifications
Ils les caressent de façon transitoire
N’ont plus du tout de considération
Le jour de les envoyer à l’abattoir
Ils frisent en effet la schizophrénie
À leurs donner de doux petits noms
À vivre en quasi-harmonie
Puis soudain de personnifier le démon
Ils peuvent même pleurer lors de la séparation
Mais cette tristesse qu’ils éprouvent
Subitement ils la réprouvent
De peur d’y trouver de troublante signification
Ils réfrènent donc leurs émotions
Car s’ils écoutaient scrupuleusement leur conscience
Ils pourraient ressentir une entière compassion
Et refuser de sacrifier leur existence
![]() |
Ces enjoués qui vous mettent en joue
Ne vous fiez pas à leur bonne mine
À leur apparence de bonne santé
Derrière leur bonhomie ils exterminent
Leur jovialité masque la vérité
Leurs larges sourires occultent le pire
Mais trahissent leurs dents longues
Derrière il y a leurs sbires
Qui pourraient vous arracher les ongles
Les bourreaux portent des cravates
Des cols blancs aux mains rouges de sang
Ils ont beau avoir l’air propre et innocent
Leurs costumes dissimulent des psychopathes
Attention ils tuent au nom de leur vertu
Et ne supportent la différence
Ils vous traiteront comme des détritus
Si vous ne leur témoignez de la déférence
Ils massacrent les êtres à quatre pattes
Comme ceux à plumes ou à nageoires
Humains ou animaux ils les exploitent
Ne leur laissant que peu d’espoir
Pourtant ces tueries ne sont pas une fatalité
Mais l’effroyable conséquence de leur fatuité
Il s’agit de ne pas se rendre complice
Des ces violences et de ces supplices
![]() |
L’homme à la chevalière
Le noble cheval
Il doit supporter l’homme
Qui se fait de l’argent sur son dos
Le cravachant pour qu’il cavale
Ou l’apprêtant pour que d’aucun l’avale
Et cet homme est fort mesquin
De tirer parti de ces spectateurs
Passionnés qu’ils sont par le trot équin
À parier sur qui sera le meilleur
Aveugles à l’exploitation animalière
Eux aussi ont des œillères
Dans cette triste course au profit
Dont ils sortent souvent déconfits
Éblouis par la cavalcade colorée
Ils ignorent combien ils sont abhorrés
Par ces juments qu’encore on rosse
Comme du temps des relais et des carrosses
Les chevaux autrefois rétifs
Se sont fait beaucoup moins démonstratifs
Ils sont en effet promis à une fin macabre
Si jamais ils se rebiffent ou se cabrent
Et le propriétaire cupide
Lui gère furieusement son écurie
Et si par malheur le poulain est peu rapide
Il finira à la boucherie
On comprend alors qu’il galope
En raison de cette conduite cavalière
De l’homme au lasso en bandoulière
Et pour éviter de finir en escalope
Les uns de honnir
Les autres de hennir
![]() |
Nom d’un chien
Elle choie son chien
C’est son choix
Elle trouve ça bien
Et lui ça lui échoie
Qui ne demandait rien
Elle en est tellement gaga
Qu’elle se coiffe comme son caniche
Et on le trouve souvent au bout du lit
Et rarement dans sa niche
Elle l’appelle mon ange
Et l’habille d’un lange
Elle le couvre de caresses
Et quand elle le tient en laisse
Lors de la promenade dominicale
On croit voir un cordon ombilical
Elle est très câline
Adore son toutou
Lui brosse les canines
Lui sacrifierait tout
La preuve ces tas de jouets
Ces paroles attentionnées
Ces petits plats mitonnés
Qui témoignent de son affection
Là où d’autres font claquer du fouet
Et génèrent de l’affliction
Certains la trouvent burlesque
Mais ne sont pas moins grotesques
À s’occuper de leurs molosses
Comme s’ils étaient des gosses
Ce qu’ils se sont bien garder de lui dire
Et elle ne le soupçonne ni ne l’a dans l’idée
C’est que son manteau est en peau de canidé
Quel scandale si elle venait à le découvrir
![]() |
Le funeste anthropocentrisme
Pour eux, les autres animaux
Les humains pourraient être comme des dieux
À la place de cela certains incarnent le diable
Et ce qu’ils leur infligent est effroyable
Difficilement imaginable et odieux
Les humains peuvent vraiment être impitoyables
Au lieu d’être humbles et miséricordieux
Leur vanité et leur vilenie sont incroyables
Le mal en eux est redoutable, mordieu
Et ainsi ici-bas sous les cieux
Se perpètrent les actes inqualifiables
Aux raisons faussement justifiables
De ces êtres violents et pernicieux
Au nom de quelles valeurs
Peut-on en effet légitimer ces horreurs
Quelle cause doctrinaire
Autorise ces faits cruels et sanguinaires
Si ce n’est ce dogme prétentieux
Qui perpétue la violence et la haine
D’une prétendue supériorité humaine
Qui donnerait un droit irrévérencieux
À disposer des bêtes sans la moindre gêne
Dont la destinée présupposée
Serait de naître afin de sustenter les hommes
Et de propager le malheur
Et d’inspirer la terreur
À ces animaux également magnifiques
Soumis à leur tyrannie satanique
Au lieu de réaliser, sagaces
Qu’ils auraient pu être à leur place
Il serait juste en vérité d’offrir des caresses
De mettre en pratique une haute idée de la sagesse
Au lieu de moquer la pensée non-violente antispéciste
Cette éthique pacifiste
Pour une théologie éclairée par l’éthologie
Une philosophie zoophile et ensoleillée
Honorant Ahimsa
![]() |
Planète pénitentiaire
Les animaux sont au cachot
Les gorilles derrières des grilles
Les poissons sont en prisons
Les oiseaux sont en cages
Les arbres derrière des barreaux
Les reptiles sont au bagne
Les plantes en pots
Les fleurs en cabane
L’animalcule est en cellule
Les insectes aux oubliettes
La vie entière est en centrale
De par ces hommes en ville
Dans leurs clapiers bétonnés
Geôliers de la nature
Possibles cerbères de la terre
![]() |
Plumes et prison
Ô éprouvante rage
À voir l’épouvante en cage
Des oiseaux derrière des barreaux
Crient sans cesse leur désespoir
Causé par l’oiseux désir de leurs bourreaux
Qui eux entendent un chant jubilatoire
Et voient simplement de la couleur entre des barres
Aveugles qu’ils sont à cette petite prison barbare
Quelle cruelle claustration
À l’incommensurable frustration
D’avoir des ailes inemployées
Qui peuvent à peine se déployer
Avec le risque de l’ankylose définitive
Et la psychose pour perspective
C’est heureux s’ils ont un perchoir
En ce lieu sacrificatoire
Mais les geôliers sont loin de s’émouvoir
Qu’ils n’aient pas la place de se mouvoir
Ils appellent ce cachot une volière
Comme leur a dit l’oiselière
Qui vola ces volatiles à la nature
Pour leur faire connaître cette torture
Et seul un peu d’eau et des graines
Contrebalance leur haine
Leur donnant bonne conscience
Face à la souffrance
![]() |
Vie suprême
Ils abattent les agneaux
Mais baptisent leurs bateaux
Ils ont des troupeaux qu’ils torturent
Mais caressent le capot de leur voiture
Ils méprisent et maltraitent leur bétail
Mais aiment à embrasser leurs coupes et médailles
Ils massacrent le vivant à haute dose
Mais chérissent les objets et les choses
Ainsi d’exterminer flore et faune
Tout en priant ou en baisant leurs icônes
Et les félins d’attendre leur dernière heure
Et le tigre d’apparaître dans le moteur
Violenter les êtres les obnubile
Alors ils parlent de cimetières automobiles
Ils ne respectent pas la vie
L’or les éblouit dont ils ont envie
![]() |
La ville animée
Il est une ville spéciale
Où cohabitent les espèces
Où les animaux vont libres
Où les hommes vont prévenants
C’est une ville géniale
Où personne ne tue ou blesse
Où les êtres vibrent
Et se respectent différents
Le seul ennui en fait c’est les accidents
Il y a une telle animation
Qu’il faut faire très attention
À ne pas se rentrer dedans
Et c’est un vrai et noble défi
Que de prendre garde à ne pas heurter autrui
Dans ces quartiers aux mille créatures
Où l’on trouve toutes les races de la nature
Il y aussi le problème des modes de vie
Et là personne n’est du même avis
Il y en a tellement de variétés
Qu’il n’est pas commode de se voisiner
Prenez le quartier des hippopotames
C’est difficile de ne pas s’y embourber
Et là où demeure l’âne
Il faut savoir patienter
On peut aussi glisser sur des peaux de bananes
Dans le secteur des chimpanzés et des gorilles
En d’autres endroits c’est l’odeur des zorilles
Qui peut vous donner mal au crâne
Il faut donc faire preuve de bonté d’âme
Pour supporter certaines particularités
Mais il n’y a pas de quoi en faire un drame
C’est juste l’épreuve posée par l’altérité
Ainsi il est toujours possible de coexister
En parfaite et bonne intelligence
Et bien sûr on ne trouve pas d’indigence
En cette pacifique cité
![]() |
Pleutre
L’homme divague
Qui délaisse son chien
Comme un bon à rien
Sur une aire d’autoroute
Lâchement abandonné
En fin de randonné
Ce fidèle en amitié
Le voilà rejeté qui erre
En plein mois d’août
Au bord de la route
Humant vainement l’air
Pour retrouver son maître
Qui lui veut le voir disparaître
Enfin au bout de nombreux kilomètres
Il se révèle être un traître
Ayant renié son compagnon dévoué
Pour de simples raisons de commodité
Certes le pire aurait été qu’il le maltraite
Il aurait pu être battu
Comme font ces autres vils individus
Qui croient se soulager de leur frustration
En brutalisant ceux sous leur domination
Et eux donc de souffrir des insuffisances
De ces êtres emplis de suffisance
Ah mais il faut tout de même être terriblement éhonté
Pour se séparer si petitement de tant de loyauté et de bonté
![]() |
Le poisson chat singe ce cachalot
Cet homme sûrement plus fier qu’un coq
Se pare souvent des plumes du paon
De peur de passer pour une poule mouillée
Il traite tout le monde de nom d’oiseaux
Depuis qu’il vole de ses propres ailes
Et cela occasionne des prises de bec
Il peut être un vrai perroquet
Bien plus bavard que la pie
Et être gai comme un pinson
Comme il peut faire l’autruche
Ou bien le pied de grue
Et bailler aux corneilles
Un jour un oiseau de mauvais augure
L’a dépeint comme un canard boiteux
Et son couple comme battant de l’aile
Il était en fait tombé sur un bec
Et lui qui n’est pas un aigle
Il crut que c’était son chant du cygne
Mais pour passer du coq à l’âne
On dit aussi qu’il est têtu comme une mule
Tellement il est à cheval sur ses principes
Il peut être un vrai chameau
Mais un fond ce n’est pas un mauvais cheval
C’est plutôt un drôle de zèbre
Il a d’ailleurs une mémoire d’éléphant
Et il peut être malin comme un singe
Alors qu’on le pense bête comme ses pieds
En fait il est rusé comme un renard
Et ce n’est pas au vieux singe
Qu’on apprend à faire la grimace
Quand donc on le voit aller à pas de loup
Muet comme un carpe
C’est qu’il y a anguille sous roche
Il est plutôt du genre à rire comme une baleine
Lorsqu’il est heureux comme un poisson dans l’eau
Malgré la domination des requins de la finance
Avec eux on s’assoit sur un nid de guêpe
Ils tentent de vous faire avaler des couleuvres
Ou de vous tirer les vers du nez
Ce sont de vraies sangsues
Et ils vous rendent vite chèvre
À force de cracher leur venin
Et ils vous chercheront des poux
Si vous leur dite que les animaux sont des boucs émissaires
Que l’héroïsme c’est de ne pas faire de mal à une mouche
Pour conclure cette histoire sans queue ni tête
Les animaux n’ont pas fait qu’enrichir ton vocabulaire
On a pris exemple sur eux par bien des manières…
Eut-on seulement l’idée de voler sans les oiseaux ?
Aurait-on pensé à nager sans les poissons ?
![]() |
Libération animale
Vive les animaux
Que vivent les animaux
Non plus victimes qu’on décime
Ni chairs qu’on digère
Non plus viandes pendues en abattoir
Ni objets d’expériences en laboratoire
Non plus créatures que l’on exploite
Pour mettre des produits en boîte
Non plus bêtes de divertissement
Pour palier notre ennui et nos errements
Mais des êtres souverains et sensibles
À la liberté entière et indicible
Délivré de notre terrible violence
Avec qui partager la terre et l’existence
C’est bien leur libération que l’on réclame
Combien de temps encore faut-il qu’on le proclame
Que les animaux eux aussi ont une âme
Et qu’il faut faire cesser illico le Drame
![]() |
L’homme cherche sa place
L’homme a beaucoup à apprendre des autres animaux
Lui qui peut même devoir craindre
La cruauté au sein de sa propre famille
Lui qui s’habitue à côtoyer les siens en guenilles
Et ne supporte de les entendre geindre
Alors que parfois même on les étrille
L’homme qui met en cage ses propres congénères
L’homme qui ne s’est pas encore guérit de la guerre
Et qui continue à glorifier les actes militaires
Lui qui est très fier de s’envoyer en l’air
Alors que son prochain meurt de faim
Et n’a aucun espoir dans le lendemain
L’homme a beaucoup à apprendre des autres animaux
![]() |
Modèle de cruauté
L’homme est bien peureux
Qui s’abrite derrière les autres animaux
Et effectue des tests sur ces malheureux
Par crainte de lui-même y laisser sa peau
Il pense que de se comparer au rat
Au lapin au chat ou à la souris
Le préservera et le sauvera
Ignorant là sa profonde duperie
Nombre sont morts
Victimes de médicaments délétères
Qui guérissaient pourtant le hamster
Pris en définitive pour modèle à tort
Pourquoi donc ce qui sied à un roquet
Serait valable pour notre poitrail
La pénicilline tue bien les cobayes
Et le persil les perroquets
Malgré cela on les immole
Et ce dès les bancs de l’école
Et c’est la pauvre grenouille qui dérouille
Et les élèves de manipuler sa dépouille
Par ces expériences funestes et inutiles
Les professeurs inculquent l’insensibilité
Et le mépris de cet autre animé
Au nom d’un savoir violent et imbécile
![]() |
Vacheries
Goûtez le lait de riz ou d’amende
De soja ou de noisette
Et vous réaliserez avec peine
Qu’il y a une haine de la vache
Que ce que l’homme lui fait
Est vraiment laid
Qui l’épuise à la tâche
Ne ménageant pas sa peine
L’élevant aussi pour la viande
Pour de satanés coups de fourchettes
L’homme fier et son fiel
Assassine le veau
De l’insémination artificielle
Abomination issue de son cerveau
Et la génisse mugit larmoyante
Qui est destinée à la trayeuse
Et sera traitée comme une machine
Toute une vie il faudra qu’elle s’échine
À produire son or blanc
Que l’homme éhonté lui vole
Et dont il s‘abreuve et raffole
On le savait un grand enfant
De mal en pis
On le découvre tel un veau
![]() |
Aube
C’est l’heure de ton réveil
D’émerger de ton sommeil
La rosée doucement s’évapore
Vient le calme aurore
Lentement les fleurs d’éclorent
Il est temps de saluer le soleil
De dire bonjour aux arbres et aux abeilles
Au chant retentissant du coq
Tu ouvres grand tes yeux et tes oreilles
Sortant de ton silencieux soliloque
Les arbres alors te parlent du vent
Et tu te lèves à leurs bruissements
Joignant ta parole aux pépiements
Tu lèves les bras au firmament
Et à l’unisson tu t’écries :
Le soleil sent bon
L’odeur des fleurs
Ses rayons sont un don
Qui effleurent
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En harmonie
De l’âne au hanneton
Du faon à l’éléphant
Du cafard au canard
Du rat au cobra
Du cheval à la mygale
Du moineau à l’escargot
Du pourceau au poulain
De l’humain au lapin
Du lion au papillon
De la sauterelle à l’hirondelle
Du chat au chameau
Du rossignol à la luciole
Hommes bêtes ou bestioles
Je respecte tous les animaux
Comme certains aiment leur seul chien
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Carne acier
Tant de sang coule dans le monde
Que même la terre saigne de tant d’immonde
O homme
Que fais-tu de ton paradis
De le croire dans l’au-delà
Tu le détruis ici-bas
Cesse au moins de faire couler le rouge sang
De ceux qui se meuvent libres sur le sol
Puisque tu ne peux faire sans la verte sève
De ceux qui puisent à même la terre
Ce n’est pas la pomme qui t’a empoisonné
Mais la chair qui t’a intoxiqué
Et le fruit n’est pas défendu mais la chair
Sang versé et viande impliquent violence
La terre est ronde et en partage
Et les animaux ne sont pas silencieux
Mais tu es sourd à leur langage
Plutôt que les détruire
Des animaux l’on devrait s’instruire
Voilà un futur sage adage
Vivre ensemble
Sans que d’aucun ne tremble
Sauf à abréger une insupportable souffrance
C’est à Dieu de prendre vie non pas à l’homme
Violence : faute majeure et terrible
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Humanity and its vanity
God is there in your dog
In the ant and the elephant
The cat and the caterpillar
The horse or the hog
He is there even in the vulture
In the smallest creature
Whatever its size in nature
Never mind which feature
Man and animal we are all
Sons and daughters of the Sun
But man is cruel and selfish
He eats flesh and fish
And there is so much harm
On his bloody farm
Earth is round and to share
And animals are not silent
But it is man who is deaf
We don’t need beasts to die
And end up as meat in a pie
Their fate is to live and mate
Not to finish in your plate
You could at least spare the red blood
Of those who move free around the world
Since you can’t do without the green sap
Of those who directly draw from the earth
Unless to relieve suffering
It is not for man to take life but God
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Attention
Prenez garde au grand détour
Les vautours eux-mêmes crient aux vautours
Animaux méfiez-vous
Des hommes un jour vous tendent la main
D’autres ou les mêmes vous tuent le lendemain
Ici ils vous donnent gentiment du pain
Là ils vous tirent comme des lapins…
Animaux méfiez-vous
L’homme est plein de malice
Un jour tel un complice
Un autre le révèle duplice
Animaux méfiez-vous
N’ayez trop confiance
Face à l’homme déloyal
Ses caresses peuvent s’avérer létales
Animaux méfiez-vous
Ayez même de la défiance
Car si ici il vous porte assistance
Là il inflige de la souffrance
Oui animaux méfiez-vous
De l’homme et sa duplicité
Sans quoi ses trahisons éhontées
Aurons finalement raison de vous
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Caresse
Ce chat plein de paresse
Qui pourchasse pourtant tes rats
Ronronne et attend que tu l’effleures
Ce chien plein d’amitié et d’allégresse
Qui sent bien ton humeur
Qui renifle tes maladies
Tes mines et tes explosifs
Qui te guide aveugle
Gardien fidèle de ton logis
Adore que tu le dorlotes et le cajoles
Lui ton secouriste et défenseur
Et ce dauphin plein de prouesse
Lui aussi admirable sauveteur
Aime un frôlement câlin et joueur
Ainsi tous à t’aider simplement
À t’inviter à des caresses
Peut-être sollicitent-ils ta sagesse
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Du rocher au plateau
Conques coques et coquilles
Abris bien malins
Sur les bords marins
Sont bien inutiles
Face à la main habile
De l’homme qui étrille
Et débusque les mollusques
Ou autres arthropodes
Armé de sa terrible épuisette
Ou d’autres délétères méthodes
Et ces fruits de mer
Certes au beau nom fruité
Ne sont que carne de crustacé
Ornementé sur un plateau
De la viande de coquillage
En vérité bien salée
Issue du vaste pillage
Des rochers et des rivages
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Sage comme un singe
Homme n’oublie pas d’où tu viens
Ne renie et ne méprise tes cousins
Qui t’ont appris plus que tu ne te souviens
Ainsi le barrage du castor
Le camouflage de l’iguane
La nage des poissons
Le vol et le chant des oiseaux
La solidarité des fourmis
La tanière de l’ours
La ruse du renard
La prévoyance des écureuils
L’endurance du chameau
La patience de l’âne
Et tant d’autres choses encore
À voir comme tu traites aujourd’hui les non-humains
On ne s’étonne que tu sois sans nouvelle des non-terriens
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Rage
L’homme qui agresse
L’homme qui engraisse
Enfonce dans la gorge du désespoir
Le long tuyau de l’entonnoir
À en atteindre les boyaux de l’agonie
De cette pauvre oie
De ce pauvre canard
Et il grossit terriblement leur foie
Ravagés par le bourrage cruel
Malade du gavage barbare
De la main redoutable
De l’homme impitoyable
Qui tordra le cou des pauvres volatiles
Au terme de sa vaste torture inutile
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Horror show
Those bears that have to suffer the unbearable
Cruelly hooked by the nose
For the sadists to applause
The most unendurable dance
The elephants’ performance
In fear of the brutal trainer
Of the inhumane circus
Could seem less harsh
But shedding the bull’s blood
Is undoubtedly as barbarous
In spite of all the decorum
In the revolting arena
Same for the hens and dogs
As for the dolphin or tiger
All forced to enter
In the horror circle
The violent man who annoys
Every single animal
When will he understand
That they are not toys ?
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Man may be mad
Animals beware
Some men come and lend you a hand
While others try to erase you from the land
One day they give you bread
The next they want you dead
Animals beware
Man may be duplicitous
And can be malicious
Here offering assistance
There inflicting sufferance
Animals beware
Be careful who you trust
Man can be so unjust
Stroking you here
Killing you there
Yes animals beware
Of man and his treachery
Otherwise his betrayals
Will have the end of you
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Christmas
Au lieu de la célébration du solstice
Le culte de Jésus Christ
Le Noël cruel
Fête macabre
Au pied d’un arbre mort
Où sous les candélabres
Ils festoient autour de cadavres
Les viandes sont entourées de guirlandes
Les chairs parsemées de bougies
On ornemente d’étincelles
À en faire oublier l’immense gabegie
Tant de sang versé
Tant d’animaux sacrifiés
Voire même suppliciés
Sans même y penser
Pour des plaisirs éphémères de bouche
Mais où est le Noé de Noël ?
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Compassion
Those ducks I love to see them live
While others like to eat their sick liver
Never mind from which valley or river
Be they from the sea or the land
Do they walk swim or slither
From the ant to the elephant
The pig to the pigeon
The mouse to the titmouse
The roach to the cockroach
The snail to the whale
The chimp to the shrimp
The rat to the bat
The cat to the caterpillar
The fly to the butterfly
The dog to the frog
The horse to the hog
Do they have scales shells fur or feathers
I respect and love all animals
Like some acknowledge their sole dog
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